En écho à ce que j'ai écrit hier, je savoure ce matin, un vrai moment à moi. C'est le petit chien qui m'a réveillée, agacé par la grasse matinée. Bon, tu viens quand jouer avec moi ?
Mon amour reste au lit, je me lève. Dans le salon tout est calme est clair. La perruche gazouille. Le soleil (encore là, lui ?) filtre par les fenêtres. Le jardin de la cour s'illumine. Le petit chien s'est rendormi. Télé-Rugby s'époumonne. Je souris.
J'ai un peu mal au ventre à cause de la soirée d'hier. Trop de bière, trop de chips, mais ça va. Une drôle de soirée dont on garde comme toujours un souvenir confus. Et je l'oublie déjà.
L'essentiel reste. Un dimanche de l'amour avec lui. Un déjeuner dans sa famille (qui sera sûrement bon). Une journée de détente.
Bilan de ma semaine.
Beaucoup de travail. Un peu d'affolement aussi. Je gère deux dossiers en même temps, un troisième sous ma responsabilité n'est pas complètement fini. Pour la première fois, je perds le fil de l'eau, cherche le moyen de m'organiser plus sûrement. J'ai confiance en moi et en mes capacités pour le faire. Dans ce travail, je me découvre souvent une énergie que j'ignorais. J'aime ce que je fais, je pense que ce plaisir est rare, et j'en profite vraiment.
Rendez-vous chez la psy. Pour la première fois, j'ai osé, évoquer mon souvenir cuisant. Cela m'a bouleversée. Depuis j'ai une boule dans la gorge. Quelque chose est coincé. J'aimerais en reparler avec elle, vite, urgemment. Découvrir tout ce que ça a pu forger en moi. Une vie de revanche, de vengeance, de peur et de haine. Bien sûr il y a de cela. Et je n'avais jamais envisagé avant combien tout pouvait venir de là. Je n'ai aucune preuve que tout ça s'est passé. Un jour sûrement quelqu'un le remettra en cause. Et puis, le cerveau est si bien huilé, il atténue les mauvais souvenirs, il les met de cotés. Au fond ce n'est pas si grave !
me sussurre-t-il déjà. Je ne sais pas. Mais si je sais ! C'est grave. C'est grave pour moi. Ca a été très grave pour l'enfant que j'étais. C'est un poids incroyable que je n'aurais jamais du porter. A voir ce que je compte en faire...
Ma semaine fut aussi, de la chaleur humaine. Une vieille amie qui se manifeste et me tire du silence. Un collègue que je découvre sous un jour nouveau. Des retrouvailles facebook. Cette fête étonnante... Je ne sais plus où j'en suis de mes rapports humains. Je suis "en rénovation". Démolitions, reconstructions à suivre. En construction tout simplement de moi.
Ma semaine shopping fut elle... à 100% ratée !! J'ai passé tout mon samedi dans un centre commercial en vain. Rien de rien ! Non mais qu'est ce que c'est que ça ? Des collections fadasses... Et puis que des manches courtes ! On vit dans le même pays ou quoi ? Rangez-moi ces tee-shirts ! Je veux des pulls, des manteaux, des écharpes !
Une nouvelle semaine commence. J'ai un peu peur pour le travail. Un peu peur pour mes rendez-vous amicaux (dites-moi que je peux encore être sociable). Un peu peur pour les suites de ma psy (je vais oublier ? ruminer encore longtemps ? c'est quoi le mieux ?). Un peu peur du temps qui file et de tout ce que je ne trouve pas le temps de faire (emmener le petit chien chez le véto pour ses vaccins, faire réparer le chauffage...). Mais là maintenant de suite, le soleil à travers la vitre, le dimanche qui commence. Je suis fichtrement bien.