Suzie s'exprime ici

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samedi 24 novembre 2007

Et maintenant

Jusqu'ici tout va bien. On passe même de plutôt bons moments.

Mais je n'ai plus l'habitude de vivre au jour le jour. De quoi sera fait demain ? Où en serons nous dans un mois ? Pour le moment je n'y crois plus.

Et le plus difficile, c'est la remise en cause de mes projets de longs termes. Qu'est ce que je vais faire de moi ? Au fond, je crois, je ne l'ai jamais bien su. D'un autre côté qui sait ? Cette histoire avait l'avantage de me donner une contenance, et du courage.

Faire carrière à la Défense, gagner beaucoup d'argent et être reconnue ? Partir à la campagne, monter un élavage de chien et devenir comportementaliste ? Changer de travail, progressivement me spécialiser, jusqu'à un poste plus en adéquation avec mes convictions?

Vivre seule ou à deux ? Tenter l'aventure du mariage et des enfants ? Avec qui ?? Ca existe ou pas ?

Rester à Paris. Partir en province. Tenter l'étranger...

A deux tout semble tellement plus facile. On se laisse porter. Depuis deux ans je ne me posais plus ce genre de questions. Maintenant j'ai l'impression d'avancer dans le vide. Plus de chemin tout tracé devant moi.

Il y a une peur profonde derrière ça. Peur de vivre pour rien. Quand on tombe amoureuse on l'oublie. Elle revient, c'est douloureux mais ce n'est peut-être pas si mal.

mardi 20 novembre 2007

Incrédule

Je suis assise dans ce bar. Il y a beaucoup de gens. C'est dimanche soir. Ils se retrouvent après le week end, ils boivent des chocolats. Lui me regarde, pince ses lèvres et serre ses mains : "Je crois qu'il vaut mieux qu'on se sépare".

J'ai sincèrement eu l'impression que tout autour de moi s'enfonçait dans le sol. Comme si tout devenait soudainement instable. Je restais là immobile, le regard figé.

J'ai cependant vite réagit et nié. "Ce n'est pas possible, après deux ans à vivre ensemble, avec tous ces projets communs. Pas si vite...". Je ne sais plus comment l'idée est venue ensuite. Je crois bien que c'est copine Chriss qui me l'a soufflée. Nous sommes rentrés à la maison, silencieux. Je pleurais calmement. Et puis je lui ai dit "Ok, je te laisse encore demain pour y réfléchir. Je ne rentrerai pas, je dors chez une copine. On en rediscute lundi soir."

J'ai passé la journée d'hier dans un espèce de trou noir. Je pensais location d'appartement, annonce à la famille, abandon de tous mes projets, reprise du célibat. Plus rien ne semblait avoir de sens pour moi. Je pensais solitude, solitude, solitude, je n'arrêtais pas de pleurer. Je l'ai rencontré il y a deux ans. J'étais étudiante. Tout a tellement changé depuis. Mon monde s'est construit autour de lui. Il s'engloutissait tout d'un coup. Dans ma tête l'ultimatum était un coup dans l'eau. Il ne reviendrait pas.

Copine Magda m'a portée toute la soirée. Portée littéralement, de la table à la douche, et de la douche au lit. Je crois que personne n'avait jamais pris autant soin de moi. Je me suis sentie choyée, aimée. Copine Chriss m'appelle, copine Jasmin aussi. Elles me proposent de m'héberger, de prendre soin de moi.

Au fond je m'étais toujours demandée si un jour il m'arrivait quelque chose de grave, qui serait là. Je me demandais si quelqu'un serait prêt à m'ouvrir sa porte à n'importe quelle heure de la nuit. Maintenant j'ai la réponse, et ça m'émeut un peu.

Ce matin à 8h il me téléphone pour me dire qu'il ne veut pas, au fond, se séparer de moi, qu'il veut que tout s'arrange. Vers 11h, il m'envoie par mail une lettre, longue et émouvante. Il m' écrit qu'il n'a pas peur de me quitter pour des raisons matérielles ou familiales, qu'il m'aime encore et veut tout essayer pour aller mieux.

Ce soir je suis arrivée avant lui à la maison. Il est rentré avec un petit cadeau pour moi, un joli vase. Il m'a parlé avec enthousiasme de nos futures vacances au ski. Il m'a massé les jambes. Il m'a parlé aussi, des petites choses qui n'allaient plus, mais qu'il ne tenait qu'à nous d'arranger. Se laisser plus d'air et de temps pour faire des choses seul, relancer le désir...

Je me sens tellement vide et morne. Pendant 36 longues heures moi j'y ai cru. Pendant 36 longues heures, j'étais célibataire. Tout se chamboule dans ma tête. Je ne peux pas l'accueillir les bras ouverts, un grand sourire. Je suis bouleversée. Rien n'est plus sûr maintenant. La césure a été courte mais tellement forte.

Je ne me connaissais plus d'envies aussi intenses. Ce soir une seule chose m'obsède. Je ne dois plus construire qu'autour de lui. Je veux refaire des choses pour moi.

Et si notre couple y survit, cela aura déjà été un riche enseignement.

samedi 17 novembre 2007

C'est la déprime (mode passager)

Que dire...

Tout a commencé il y a 3 semaines à peu près. Un truc "rien de grave" qui ne part pas.

D'un côté tout va très bien. J'ai un travail passionnant, mes compétences sont reconnues, j'acquiers de plus en plus de responsabilités. J'habite avec l'homme que j'aime et qui apparemment, m'aime aussi. Je suis jeune, (belle ?), en bonne santé. Nous avons la vie facile des jeunes cadres dynamiques parisiens. Aucune raison de se plaindre. Tout va bien.

Et puis...

Mon travail gagne sur ma vie. Je ne me sépare plus de mon ordinateur portable et de sa messagerie. J'en rêve, j'angoisse. Je tiens à me donner à fond, et Il ne comprend pas.

La routine nous gagne. Il ne fait rien pour me séduire. Son travail et la vie parisienne ne lui plaisent pas, il soupire. Je l'aime toujours autant, indiscutablement, mais nos week-ends sont longs, moins enthousiasmants, et malgré ma franchise, nous n'en sortons pas.

Je me trouve tellement moche... Je déteste ma coupe de cheveux (je devrai plutôt dire mon absence de coupe). Je déteste mes lunettes. Je me trouve grosse, grosse, grosse et personne ne comprend. Fin de l'année, retour des soucis de santé. Un an depuis mes derniers examens, il va falloir y repasser et j'ai mal rien que d'y penser.

Dans ma famille, que dire, rien ne change, ou presque.

En l'écrivant, je relativise. Effet récurrent et tellement apaisant. Je pense aux vacances de Noël. Deux semaines, plusieurs jours à la neige rien qu'avec lui. Je me dis que, lorsque je lui en ai parlé, il a pu me comprendre et que tout s'arrangera. Le mois de Novembre, le froid, le manque de luminosité n'arrangent rien.

Ca va aller.

jeudi 1 novembre 2007

J't'aime bien mon corps

Petit à petit, subrepticement, je me mets à aimer mon corps et à lui faire du bien.

Je respecte ses rythmes et ses envies, j'en prends soin.

Et c'est tout un mode de vie qui se transforme. Je fais du sport en douceur, pour le bien être uniquement. Je mange différemment, moins vite. J'écoute mes envies et mon ventre.

Et puis je fais des découvertes. Mon copain dit que je suis en train de devenir "Bio - Bourgeoise" mais j'assume !

Chaque soir je prépare avec soin mon infusion naturelle. Du tilleul, de la menthe... Je la savoure doucement en lisant Cyrulnik.

Je prends conscience de la nourriture que j'absorbe. Et je n'absorbe plus n'importe quoi.

Je sais qu'un de mes rares lecteurs sera particulièrement content. Progressivement, un choix s'est imposé à moi. Je ne mange plus de produits d'origine animale. Les seuls que je consomme encore sont ceux qui proviennent d'élevages bio (certifié AB). J'ai été m'informer du cahier des charges qui leur est imposé par le ministère de l'agriculture. Réduction maximale du stress des animaux, parcours libres, espaces minimums de vie garantis, interdiction du gavage, de l'administration de calmants, de stimulation électrique... Je l'ai trouvé satisfaisant, en même temps que j'ai été effrayé, par déduction, du sort qui était réservé aux autres.

Je me sens de mieux en mieux. Mon corps en accord avec mes convictions.

Bourgeoise Bio ? Et alors !?