Suzie s'exprime ici

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lundi 28 avril 2008

La soirée qui fait (un peu) mal

Quelque part c'est un peu mérité. Prends-toi ça dans les dents petite Suzie qui croit que tous les mecs sont à tes pieds. Les deux Matthieu se trouvent presque vengés. Je vous la fais dans l'ordre, ce sera plus facile.

10h30 : J'arrive au travail guillerette. Le week-end fut bon et ensoleillé. J'ai prévu de revoir Matthieu 2 le soir même. Mes congés sont enfin validés. Je réserve mes billets pour l'Allemagne.

La journée passe gaiement malgré la pluie par la fenêtre. J'ai un dossier passionnant à traiter. J'imagine la liste de mes bagages. Je me retiens d'écrire un mail à l'Autre, je me jure de ne pas le faire avant mercredi soir. Tout va.

20h00 : Je rentre chez moi. Le petit chien m'attend. Matthieu m'appelle et propose de passer me voir. Je sens au téléphone que le charme est retombé mais accepte pour le plaisir de le connaître mieux. J'engloutis une tranche de jambon et une soupe et l'attend.

20h50 : Il est en retard... Et là - fatale erreur - je consulte mes mails. Bastian m'a écrit, et manque de chance, ça ne sent pas très bon. En français dans le texte : J’ai rencontré quelqu’un d’autre au week-end, J'ai adoré Paris avec toi, tu es adorable, mais, maintenant je ne sais pas comment ca sera dans trois semaines, Je ne suis pas sûr si ca va être le bon moment pour se rendre visite. Ou comment un épiphénomène peut un instant faire trembler votre monde.

21h10 : A peine le temps de raconter l'affaire à ma meilleure amie que Matthieu franchit le pas de ma porte. Et ce n'est pas le moment. Il tente de m'embrasser puis de prendre ma main, je l'esquive. Je tente de lui expliquer que ça ne va pas très bien pour moi. Le chien l'agace. Il renverse sa bière sur le parquet (que j'avais tout juste lavé, horreur et damnation). J'ai les larmes aux yeux, lui demande pardon, et le prie de sortir.

23h00 : Son petit chien en laisse, la pauvre Suzie pleure à chaudes larmes et parcourt son quartier. Le mail de Bastian était vraiment gentil. J'ai été touchée par son honnêteté et ne lui en veux pas. Seulement cela tombe mal. Mille pensées m'assaillent et tournent autour de l'Autre.

23h30 : Je sais que c'est nul. Je sais que j'aurais mieux fait d'aller me coucher mais c'est fait et il ne reste plus maintenant qu'à en limiter les dégâts. Soumise à mes angoisses, rejetée, j'ai appelé l'Autre. Il arrive d'ici une heure avec un splif. Je ne sais pas ce que je vais lui raconter. J'ai intérêt à avoir des idées.

Bastian restera un bon souvenir, vraiment. J'ai de la tendresse pour les moments que nous avons partagés. Nous n'avions rien à attendre l'un de l'autre. Le rejoindre en Allemagne me permettait d'éloigner l'Autre. Je devrai composer sans cela. La solitude me semble toujours très douloureuse, il faudra l'apprivoiser. L'Autre vient ce soir : surtout ne pas me laisser aller à de bêtes confidences. Parler de lui, essentiellement.

Dire que demain, mon dossier passionnant n'aura pas avancé...

dimanche 27 avril 2008

Complément d'âme

Je plonge dans ses yeux noirs chaque matin et chaque soir depuis sept longues années. Elle est là bienveillante et constante. Elle a connu tous mes déménagements. Tous mes hommes aussi.

Elle m'a vue et me voit tout le temps et partout. Elle m'est si familière que je l'oublie parfois. Nous sommes un lot, nos amis le savent bien : jamais l'une sans l'autre, sauf rare exception.

Je déteste ceux qui pensent que je confonds ce chien avec un être humain. C'est me prendre pour bien bête. Elle n'est pas un ersatz d'homme ni d'enfant. Elle est un animal avec lequel j'ai noué une très grande amitié.

Je la respecte en tant que chien : pas d'habits ridicules ni de capture aux bras. Chaque matin, je la regarde courir sans laisse, renifler mille ordeurs, et savoure ces instants autant qu'elle.

Je crois qu'il y avait une affinité particulière entre elle et l'Autre. Je crois qu'il fut son seul vrai maître. Je crois que ce fut la seule fois où un trio est né. Je sais qu'il lui manque encore le soir. Je suis la seule à rentrer, longtemps elle l'a attendu. J'évite juste d'y penser.

Sept ans bon sang. Ma plus vielle coloc. Ma plus grande histoire. Passés presque inaperçus, sans m'en rendre compte. Les souvenirs s'estompent... Mon histoire avec l'ogre, les soirées sur la plage, la maladie. Elle était toujours là.

Bienveillante avec ses grands yeux noirs, elle est devenue avec le temps une extension de moi qui m'a suivie partout. Son absence est un manque, c'est qu'il faut que je rentre, qu'elle m'attend quelque part.

Si un jour elle me quitte, je devrai réapprendre à être entière sans elle et ne l'imagine pas. Le plus tard sera le mieux.

Je ne te le dis pas assez souvent. Merci mon chien d'être juste là.

samedi 26 avril 2008

Petits oiseaux

Je suis sur mon balcon tout juste aménagé. Le petit chien à mes côtés hume la brise. Les oiseaux sifflent et virevoltent dans les arbres. Il a fait drôlement beau. Je me sens si bien, c'en est à peine croyable. Je crois que ça ne m'était jamais arrivé encore à ce point.

Je perçois la vie soudain comme un joli cadeau. Je prends ce qu'il y a à vivre, le beau et le moins beau. Je veux voir, découvrir, ne rien regretter, en faire le maximum. Ressentir, m'émouvoir, trembler.

J'ai plein d'idées en tête de voyages et d'aventures humaines. Je dois prendre le temps d'y réfléchir, je le ferai bientôt.

Ah et puis surtout, ce blog et vous, vous m'apportez vraiment beaucoup. :)

Matthieu - Bastian - Matthieu

Un de plus. Trois en trois semaines... Où est passé la sérieuse jeune fille ? La bonne élève traditionnelle ?

Je crois que je redécouvre une part de moi qui m'avait bien manquée. Une Suzie libérée, festive, et séductrice. Je crois aussi que je rattrape le temps perdu d'une adolescence triste.

Je ne m'aime pas toujours dans ces moments là. Egoïste, déterminée, presque froide. Je cherche un homme parmi la foule. Celui que j'ai rencontré hier m'a troublé par sa gentillesse et sa douceur. Il portait le même nom que Matthieu, les parents oubliant parfois d'être originaux. Je n'ai pas pas fait l'amour avec lui. Je suis rentrée avant. La présence de l'Autre et Bastian dans ma vie suffit, je ne souhaitais pas en rajouter à ma confusion.

Pourtant aujourd'hui, j'aimerais le revoir. J'ai aimé par son sourire et sa gentillesse, je n'y suis pas habituée. C'est le genre de garçon parfait que je rêverais rencontrer : mignon, un travail passionnant, la trentaine... Parfois je comprends mal la vie qui m'offre cette rencontre sans la capacité d'en profiter.

Une chanson ce matin m'a rappelée ma vie d'avant, avec lui. Une évidence s'est imposée d'elle même, sans que j'y ai songé. Je me sens plus heureuse maintenant, surtout tellement moi. Pour la première fois je me penche sur mes désirs profonds et je les entrevois.

Je me souviens d'une phrase que ma psy m'avait dite, quelques jours seulement après cette rupture douloureuse : "A vous entendre, j'ai du mal à croire pourtant que ces désirs de mariage et d'enfants, de vie rangée et ordinaire, étaient les vôtres. Comme si inconsciemment, cette rupture vous arrangeait". Chut... C'est compliqué mais il y a de ça.

jeudi 24 avril 2008

Ne pas se lever pour rien

Je serai à Hambourg du 16 au 19 mai si mes congés sont validés. J'ai passé plus d'une heure au téléphone avec Bastian ce soir. Il me fait tellement rire. Je prévois déjà un week-end très joyeux.

Je L'ai vu et discuté avec Lui. Il a déjà pris contact avec un psy. Il comprend pourquoi cette fois je ne peux plus dire oui, et l'idée d'une pause forcée de quelques mois. J'avais oublié à quel point il était beau et séduisant, à quel point son sourire me faisait chavirer, à quel point je l'aime... Je me dis que j'ai pris la meilleure solution.

La nouvelle mission qui m'a été confiée à mon travail est passionnante. Cet après-midi, on m'a permis de m'installer dans le très grand bureau d'un chef parti en vacance. Je rêvais qu'il soit déjà le mien.

mercredi 23 avril 2008

Va te coucher Suzie...

Je suis un peu malade et pas d'avoir trop fait la fête.
J'ai actualisé au moins 500 fois ma boîte mais je n'ai pas reçu de nouveau message de l'allemand.
Une amie vient de m'annoncer son mariage, une autre m'invite à son enterrement de vie de jeune fille.
Je pense à Lui.

Oui mais...

J'ai beaucoup de travail demain, les réunions vont s'enchaîner chez le client, ce qui ne me permettra pas en pratique de répliquer 500 fois.
Si l'allemand ne répond pas, cela m'empêchera d'anesthésier mon coeur, et c'est sans doute mieux comme ça.
Je suis contente pour mes amies, sincèrement, et bizarrement je ne les envie pas.
J'ai plein de trucs à faire, à réfléchir et à écrire pour la nouvelle Suzie.

Alors du fin fond de ma chambre, j'entends ma maman cogner à la porte et souffler "Va te coucher". Elle a raison, cette journée a déjà bien assez duré.

mardi 22 avril 2008

Vous n'allez pas me croire.

J'ai reçu ce matin un message de Bastian. Très mignon et très court, je le soupçonne d'avoir craint ses fautes d'orthographe. Mon coeur s'est mis à battre très fort lorsque son nom s'est inscrit sur l'écran. J'ai cru avoir quinze ans, c'était plutôt agréable. J'attends une nouvelle réponse impatiemment, jusqu'à ce que ça me passe...

Au même instant à la minute près, un message de l'Autre m'est arrivé aussi. Il va très mal et décrit un état de manque : tremblements, insomnies... Il ne peut pas vivre sans moi qu'il dit. Je compte encore... Deux semaines, il n'a jamais tenu davantage depuis le début de nos séparations.

Mais cette fois, enfin, les choses ont changé. Ces deux semaines ont été lourdes de chamboulement pour moi. Une nouvelle Suzie est née, vraiment. Je n'ai pas su quoi lui répondre, et puis j'ai réussi.

Je lui ai dit clairement qu'il avait besoin d'aide, qu'il ne pouvait pas rester comme cela, qu'il devait se soigner, réfléchir sur lui et sur la dépression qui le guettait depuis trop longtemps. Je lui ai dit que je n'avais pas le pouvoir de le guérir et qu'il l'avait cru à tort trop longtemps. Je lui ai dit qu'il devait faire ce travail seul, ne serait-ce que pour me prouver qu'il en était capable et qu'il ne retomberait pas rapidement dans une fuite en avant. Et puis, parce que je ne pouvais pas fermer la porte, je lui ai donné rendez-vous dans trois mois. Trois mois le temps de temps de vivre, d'expérimenter, de questionner, d'y réfléchir chacun de notre côté. Et nous verrons.

Je n'ai plus envie d'y penser. Je veux que ça me laisse tranquille. J'ai trop souffert de cet amour et de son mal être, je n'en peux plus et je veux vivre.

N'en parlons plus. A dans trois mois.

lundi 21 avril 2008

Le bilan qui s'impose

Ce matin j'étais bien dans ses bras, ce soir la solitude me recueille finalement. Le mail promis n'est pas encore arrivé et je réplique infiniment. S'il m'écrit bien sûr je sauterai de joie. S'il ne le fait pas, je devrai concéder que c'est bien mieux ainsi : je ne suis pas sûre qu'il faille m'enfermer dans ce rêve maintenant.

Alors je profite de cet instant à moi, pour me poser un peu et dresser un bilan.

Il y a deux semaines, l'Autre fermait la porte sur cette rupture trop longue. Il y a eu comme un déclic depuis. Je fais rire mes amis en l'appelant "Nouvelle Suzie". C'est un peu ça.

Matthieu m'a permis de passer le cap d'une nouvelle première fois. Avec un peu de recul, cette relation m'apparaît comme un tournant. Je m'en veux un peu de ne pas l'en avoir davantage remercié. Samedi soir, j'ai été maladroite, il a compris qu'un autre me séduisait, j'espère ne pas lui avoir fait de mal. Célibataire récent comme moi, je sais à quel point nous n'avons pas besoin d'être encore rejetés.

Bastian m'a renversée. Ce genre de connexion à deux est proprement irrationnelle, ce qui rend ces instants si précieux. Bien sûr il y avait sa beauté, son accent, son sourire, ses yeux bleus. Mais au delà je crois, une sensibilité commune qui ne s'explique pas. Je n'aurais peut être jamais de nouvelles, sûrement peu en tout cas, c'est sans doute bien comme ça.

Lorsque l'Autre m'a quittée, je me suis toujours farouchement accrochée à trois idées. Elles ont été mes radeaux de fortune.

  • Mon appartement que je pourrais meubler comme je l'aime et habiter sans contrainte
  • Deux amies d'une cinquantaine d'années, seules par manque de chance, et qui malgré ça ont une vie à rêver
  • Les rencontres que cette solitude allaient m'offrir, les connexions à deux, les aventures et les contacts, la découvertes d'autres. Ma curiosité naturelle m'y porte, avec Bastian c'était gagné.

L'Autre vient de m'appeler. C'était inattendu. Lorsque le téléphone a sonné, mon coeur a bondi : je pensais que c'était mon allemand. Pour la première fois, lorsque le nom de l'ex s'est inscrit sur l'écran, j'ai presque été déçue. Signe que je guéris... Il va toujours plus mal et n'a pas avancé. Il n'avait rien à me raconter de ses dernières semaines. Je lui ai dit que je sortais beaucoup, que je faisais la fête et que j'allais. J'espère qu'il ne viendra jamais lire ces pages, mais s'il le fait, je crois qu'il lira avant tout combien je l'ai aimé et combien j'y pense encore.

Toujours pas de mail d'Hambourg, je vais me coucher ;)

Sur un nuage

Bastian est finalement revenu hier soir passer la nuit chez moi.

J'avais pu prendre le temps de me reposer un peu. Libérée de l'alcool et de ma fatigue, ce fut encore mieux. Il m'a fait rire encore. Il m'a fait l'amour debout. J'ai dormi contre lui, qui prenait toute la place. Ce matin encore, tout juste réveillé, il me fait l'amour et c'est drôlement bon.

Je l'ai raccompagné au bus qui le ramène vers Hambourg. Avant de me quitter, il murmure à mon oreille "Et si tu souhaites visiter le Nord de l'Allemagne, tu es bienvenue". Je ne sais pas ce que vaut cette phrase, mais visiter une contrée inconnue m'est toujours agréable, ce le sera d'autant plus si c'est avec lui.

Je commence mon lundi sur un nuage. Le coup de fil d'un client me rappelle déjà à ma réalité.

*soupir*

dimanche 20 avril 2008

Germanistique

La charmant allemand dont je vous parlais hier viens de quitter l'appartement.

Bastian est un jeune homme grand et brun avec des yeux bleus marines et un sourire d'enfant. Il vient d'Allemagne du Nord et fait de la recherche en sciences sociales. Bastian...

J'ai passé une des nuits les plus agréables de ma vie. Si ma relation avec Matthieu m'avait laissée émue, celle-ci me laisse comblée. Nous avons fait l'amour quatre fois, dès le réveil encore. J'ai joui sous ses mains, pour la première fois depuis longtemps, et c'était vraiment bon de se laisser ainsi aller. En taille comme en rythme, son sexe s'accordait bien au mien ce qui est assez rare. Notre complicité s'imposait, tout n'était que sourire.

J'ai aimé la spontanéité de nos ébats. Lorsque la première fois il éjacule précocement, je ris encore d'entendre "Je crois que jé eu une pitite orgasme". Ses grands yeux bleus plongent dans les miens. Je le rassure tout simplement. J'ai aimé aussi son côté romanesque. Son accent, ses récits incroyables, sa douceur. Il me parle de petits déjeuners salés, d'épilation allemande (!), de mon tatouage "Blumé", de mon prénom joli. Avant de partir il me dit qu'il m'aime bien. Je ris un peu et lui explique le double sens de cette phrase. Il s'en excuse et me dit qu'il voulait juste dire quelque chose, parce que c'était "vraiment très bien".

Je ne sais pas si je le reverrai ni quand. Son avion s'envole demain pour Hambourg et tout nous sépare. C'est bien sûr dommage et en même temps très bien. Je ne crois pas encore être prête à aller au delà. C'est étrange d'ailleurs comme une personne aussi hermétique que moi à la solitude peut imaginer ne pas vouloir absolument et au plus vite se recaser. A croire que l'Autre a marqué son passage, à croire aussi que j'ai beaucoup changé.

J'ai encore bu hier, et mon corps refuse aujourd'hui d'aller plus loin : je suis clouée chez moi, avec un mal de tête et de ventre insupportables. J'essaye d'avaler un pain au chocolat, premier aliment de ma journée, et ce n'est pas facile. Il faudra se calmer un peu maintenant. Je regrette presque de ne pas avoir été en meilleur état pour l'accueillir ici.

Je ne sais pas ce que Bastian a compris de moi. De ma vie dissolue d'aujourd'hui, de mon passé rangé. En tout cas j'ai eu la sensation, dans la parenthèse de cette nuit, que nous nous sommes oubliés l'un dans l'autre. Il a raison, c'était "vraiment très bien".

Merci Bastian.

vendredi 18 avril 2008

Un ballon de baudruche

Je suis chez moi ce soir, et c'est très bien comme ça. Une chanson de Cabrel passe à la télé et me rappelle nos vacances. Je chantais alors que nous marchions sur notre pèlerinage... J'ai les larmes aux yeux, mais ça je m'habitue.

Mon corps m'a rappelé à l'ordre. Il aura mis plus d'une semaine à se remettre de ma nuit blanche. Extinction de voix, classique pour me faire taire.

Avec Matthieu, nous avons échangé des textos et des mails, jamais plus d'une phrase. Je ne ferme pas la porte, parce que j'ai lu dans Psycho qu'il ne le fallait pas. De là à le revoir... L'envie me manque d'aller vers lui.

Hier soir nouvelle sortie, et grosse cuite. Je le regrette un peu après cette journée de travail saccagée. C'est une erreur de débutante : en retrouvant une vie plus festive, je reconnais les limites à ne pas dépasser. J'ai passé la nuit toute habillée sur mon canap, un filet de bave mouillant ma joue. Top classe. J'avais rencontré les heures précédentes un très charmant allemand. Je ne sais pas encore si je le reverrai et comment, toujours est-il qu'il part dimanche, ça laisse peu de temps.

Portée par ces évènements et la reprise inattendue de mes rencontres, la semaine n'a pas été propice à me poser. Je me sens mieux petit à petit, avec encore plein de choses à penser. Les gens disent de moi que j'ai l'air bien, un grand sourire et la mine gourmande. Je préfère ça.

Il me manque quand même et toujours et je m'inquiète pour lui. Tous les moments j'ai l'idée faramineuse de lui envoyer un texto ou un mail. Idée que je laisse généralement tomber dans la foulée.

Après quoi je cours ? Des bras pour un câlin, l'assurance d'être aimée. J'essaie de m'en détacher doucement, d'admettre ma solitude, mais ce n'est pas aisé.

La solitude toujours me ramène à lui. Des souvenirs de grands bonheurs surtout. J'y ai tellement cru...

Ma vie reprend son cours et de façon plutôt agréable. C'est déjà ça. Pour le reste, on verra.

jeudi 17 avril 2008

Abandonnée

Je redoutais un peu ce moment. Le stagiaire qui a intégré nos services il y a presqu'un an ne souhaite pas rester. Alors, il va partir. J'étais particulièrement proche de lui. J'aimais nos petites confidences internettes, une amitié s'était liée. Une amitié me direz-vous ? Je n'en sais rien au fond. J'étais à la fois attirée par lui et retenue par sa vie de couple. Le fantasmer me suffisait.

Je ne pense pas qu'il ait jamais imaginé de tout ce dont je l'avais investi. Il me rappelle cette période dorée où je vivais avec l'Autre et imaginais notre mariage. Nous comparions alors nos vies de couple avec délice. Il a été un des premiers ensuite à me réconforter de ma rupture. Il était toujours là confiant, pour ma vie perso comme pour ma vie pro : "Mais non Suzie, tu ne resteras pas seule toute ta vie", "Mais oui Suzie, tu vas avoir une bonne évaluation"...

Il m'a annoncé la nouvelle sans aucune précaution, par mail, ce matin. Et Suzie de faire couler son joli maquillage comme une idiote sur le PC. J'ai fini par aller m'enfermer aux toilettes de honte. Il n'est pas dans mon bureau, et ne saura jamais ma réaction. C'est mieux pour ma fierté, mais c'est presque dommage aussi. A ma réponse "Tu vas me manquer", il a rappellé mon insignifiance "Oui, c'est vrai que j'aimais bien l'ambiance de la boîte".

J'ai été minée la moitié de la journée, laissée à mon propre abandon. Et je retrouve alors la douleur du précédent, tellement fort. L'Autre m'a abandonnée, laissée seule et livrée à moi-même. Le traumatisme reste puissant et profite de ce non-évènement pour soudain ressurgir.

mardi 15 avril 2008

Considérations from mon lit

J'ai lavé les draps alors je me dis qu'ils sont comme neufs et n'ont jamais connus personne, et bizarrement j'aime plutôt ça. Je suis un peu malade, mal de gorge persistant, c'est pourquoi je squatte mon lit. Et puis c'est le vrai luxe du wi-fi...

J'ai revu Matthieu dimanche, pour une partie de jambes en l'air émaillée de quelques discussions. Cette aventure m'a laissée à ma semaine aussi joyeuse que mélancolique. J'ai l'impression d'avoir retrouvé l'envie de profiter de ma vie. D'un autre côté, son corps m'a rappelé à quel point celui que j'aime me manque. Incomparable en tous points.

Hier soir un texto de l'Autre me rappelle encore qu'il me tient dans ses griffes. Ne me laissera-t-il jamais tranquille me direz-vous ? Je meurs de la fin de cet amour et j'aimerais qu'il le comprenne... en vain. Je ne lui ai pas répondu tant tout cela me laisse sans voix.

Je me rends compte que, lors de son dernier retour, il a marqué ma nouvelle vie, et je le regrette. Il a dormi dans mes draps, dîné dans ma vaisselle, fumé sur mon balcon, promené dans mon parc... Son souvenir posé partout me fait à nouveau mal.

Ce soir Matthieu décline mon invitation pour cause de réunion de travail tardive, et je le crois. Je n'avais pas vraiment envie de faire l'amour avec lui quoiqu'il en soit. J'étais juste prête à échanger mon corps contre son sourire, sa présence et de grands bras contre lesquels me blottir.

L'Autre me manque à crever.

dimanche 13 avril 2008

Ma première aventure

I did it, et c'est en exclusivité que je m'en vais vous conter cette histoire, alors même que je ne me suis toujours pas couchée ce matin - la nuit fut longue.

Nous l'appellerons Matthieu. Je l'ai rencontré à l'afterwork de jeudi. Il fait le même métier que moi - c'est déjà un point commun - dans une boîte concurrente. C'est l'ami d'une amie. Nous avions un peu discuté ce soir là l'air de rien, mais je l'avais senti légèrement réservé. Yolande m'avait confié plus tard qu'il venait de se faire quitter par sa copine, après une relation longue de 4 ans.

Hier soir il était là. Je lui tourne autour un peu, nous discutons encore. Yolande joue les entremetteuses. La suite de la soirée est un peu floue. J'ai beaucoup bu. Je fume une cigarette - moi qui ait arrêté depuis plus de 3 ans -. Je raconte à tout le monde que je suis une nouvelle Suzie, que je suis une femme libérée. Je danse, je ris, bref, je mets l'ambiance. Je retourne vers lui, nous parlons, il m'embrasse.

Quelques heures plus tard, je l'entraîne dans un coin reculé de la fête. Je m'assoie par terre avec lui et je le chauffe tant que je peux. Je dois dire que cela m'a fait plaisir. J'ai retrouvé le plaisir de séduire, le plaisir de sentir l'autre me désirer, le plaisir d'une peau inconnue et d'un souffle qui s'affole.

Nous prenons un taxi, il m'emmène chez lui.

Un instant ma fragilité rapparaît. Nous savons tous les deux cette fois pourquoi nous sommes là, la situation me met mal à l'aise. Alors que je m'assoie sur son lit, mon corps se met à trembler fortement. "Tu as froid Suzie ? Tu veux que j'allume le chauffage". "Euh oui..." ai-je répondu, pourtant convaincue que mes tremblements venaient de mes nerfs plus que du froid.

Alors qu'il me déshabillait, j'ai osé une question. "A ton avis, pourquoi faisons-nous ça ?". Il me l'a retournée. "Pour retrouver confiance..." j'ai répondu, et il a acquiescé.

Notre première fois a été difficile. J'étais visiblement tendue, et je ne l'ai pas aidé. Nous sommes restés ensuite un peu ensemble encore. Une deuxième fois a suivi finalement, et sans comparaison. Son sourire me mettait en confiance, je commençais à prendre mes aises, ce fut simplement bon. Je l'ai quittée en catimini alors qu'il s'endormait. Ma maison et mon chien m'attendaient, j'avais besoin de les retrouver. Je l'ai embrassé doucement, je lui ai dit merci, et j'ai fermé sa porte.

J'ai aimé ce moment de douceur avec lui. C'est était un peu comme une nouvelle défloration. Pas la grande performance mais une immense tendresse. Il était doux et triste, nous nous sommes ressemblés, et nous sommes faits confiance. Je me suis sentie femme, désirée et désirante, et c'était vraiment bien.

Pas d'affolement, je ne vais pas si vite quitter mon statut de célibat. Yolande m'a prévenue plusieurs fois : il ne veut rien de sérieux, juste de quoi faire passer la douleur. Nous serons donc nos pansements réciproques, et pour le moment, ça me va.

vendredi 11 avril 2008

Mon premier afterwork

Hier soir, ma collègue préférée, Yolande, m'a trainée à mon tout premier afterwork.

Le principe est simple : une boîte de nuit en plein Paris qui ouvre ses portes dès 20h à des prix extrêmement attractifs pour jeunes cadres dynamiques.

Je ne m'y attendais pas, c'est tout simplement follement sympa !

Les gens sont souriants et, c'est pratique, se ressemblent. Très vite, on discute, on échange, on drague un peu. Rien de bien folichon mais au final je m'y suis sentie bien. Je me suis rendue compte que je n'étais pas seule au monde, que nous étions nombreux dans mon cas. J'ai papoté avec deux jeunes garçons célibataires et enfin, j'ai eu la sensation, que je n'étais pas encore enterrée, c'est déjà ça.

Au final j'ai un peu trop bu, et ce soir encore, je m'y remets - nous avons fêté au travail la naissance de la fille d'un collègue. Je m'amuse et fais rire quelques gens. Je rentre chez moi en titubant presque. Je perds mes lentilles dans la salle de bain et je passe le reste de la soirée à les chercher à quatre pattes.

Y a pire ;)

jeudi 10 avril 2008

La honte du matin

Accueillir un jeune homme - au demeurant charmant - chez soi afin de réaliser le "diagnostic énergie" de son appartement.

Le voir repartir avec un étrange sourire aux lèvres.

Découvrir que la porte de ma pharmacie était restée ouverte, avec, en exposition, le rayon "Capotes/Vibro".

Bravo Suzie :)

mercredi 9 avril 2008

Quand ça va pas...

Ca va franchement pas fort.

La journée je n'y pense pas. Je suis à mon travail, souriante, j'ai tout un tas de dossiers intéressants à traiter en cours, les gens sont gentils avec moi, ça va. Et puis l'heure tourne, 19h approche, 19h30 ensuite et là il faut partir. C'est le moment le plus angoissant de la journée. Je franchis la porte de ma tour, et le vide me happe. Le trajet qui me conduit au métro est souvent longuissime. Parfois je ne résiste pas à l'envie de téléphoner à quelqu'un. Ca ne sert à rien, il n'y en a que pour quelques minutes, mais elles me sont insupportables.

J'arrive chez moi et je retrouve mon chien qui m'attend. Au moment de le sortir, toujours la même angoisse. Toujours le même téléphone pour m'en sauver, combler le vide, absolument.

A la télé quelques jeunes s'agitent avec des guitares. Ils me rappellent les concerts de jeunes parisiens que nous allions voir et alimentent mes larmes.

La suite de la soirée, souvent, est plus douce. Je n'ai plus besoin de donner le change. Je m'installe devant ma télé avec mon bol de soupe et mon ordi, et je me laisse aller. Le téléphone devient dérangeant et souvent je n'y réponds plus. Les coups de cafard viennent toujours à ce moment là.

Je compte encore. 5 mois qu'il m'a quittée. Deux ans de sourires. 25 années.

Je me sens seule. Personne à qui rien raconter. J'ai tellement besoin de vider les sacs de mes journées. J''ai tellement de choses toutes bêtes à partager. Il aurait sans doute mieux valu que je n'y goûte pas.

Je me sens nulle aussi. Seule à 25 ans, tellement loin de tout ce que j'avais imaginé. J'avais imaginé rencontrer mon mari étudiante, me marier après. C'est ça que j'avais imaginé surtout, me marier jeune.

C'est dingue comme soudain il me manque. J'ai l'impression qu'il m'avait moins manqué avant. Peut être parce que ces derniers jours m'avaient soudain replongé dans sa dépendance et le plaisir d'être deux.

La vie n'est pas comme on voudrait, et parfois en plus grave. Ruptures amoureuses, problèmes de santé, soucis de travail... Je me demande pourquoi l'on ma toujours fait croire que c'était si facile. Un espèce de conte de fée moderne que j'ai si longtemps pris pour la réalité...

Je me console ce soir en me disant qu'il faut prendre la vie comme elle vient, parce qu'on a pas le choix.

samedi 5 avril 2008

Sous quelle étoile suis-je née ?

J'en suis encore à me le demander...

Ces derniers jours, c'est carrément la pagaille dans ma tête. Je n'y comprends plus rien, je vis, j'attends que ça passe.

Evaluation annuelle dans mon travail. J'écope d'une note exceptionnelle qui me laisse sans voix. Je suis le potentiel de l'année, La personne avec laquelle ils aimeraient faire "un vrai bout de chemin", le noyau dur de leur équipe, tout ça ! Et moi qui n'avait préparé ni cet entretien, ni cette nouvelle... Après coup, et alors que la totalité de ma boîte jalouse sans doute mon sort, j'en ressors plus angoissée qu'autre chose. Suzie et ses angoisses me direz-vous ! J'ai peur que la nouvelle se répande et que mes collègues amis trouvent ce traitement de faveur injustifié. J'ai peur que mes chefs aient été déçus de ma réaction "Euh mais vous savez j'ai aussi de gros défauts..." "Et puis en fait j'ai pas vraiment envie de travailler vous savez, d'ailleurs je pensais que peut être un 9/10ème...". J'ai peur de les décevoir tout court, parce qu'ils s'imaginent soudain que je suis la ressource idéale, et que j'en suis moins convaincue qu'eux. Enfin, je suis tourneboulée parce que depuis le début ce job et cette boîte semblent faits pour moi et pourtant j'avais d'autres projets. Bref, à suivre, le temps de digérer l'annonce.

Ce matin un homme dans la douche. Un homme avec des poils ! Juste Lui en fait, rien de très inhabituel. Nous poursuivons nos rendez-vous, finalement sans drame. Petit à petit, la douleur s'en est allée chez moi. Je suis contente de le voir, et je laisse venir. On fait des crèpes on fume des splifs, on se promène dans les jardins, il me prend dans ses bras, il caresse mes cheveux, ça me va. Le reste... à suivre aussi.

J'écris tout ça et puis finalement je me dis, que ma vie ne va pas mal.

Mon chien dort sur mes pieds. Mes doigts frappent le clavier. Il y a beaucoup d'incertitudes c'est vrai, mais la vie n'est faite que de cela. Je continue ma route... Ultreïa.

mercredi 2 avril 2008

Comment vous dire

Je regarde la Nouvelle Star ce qui en soi est déjà un facteur hautement déprimant. J'ai vécu deux saisons dans ses bras à commenter chaque passage, les chanteurs sont tous plus jeunes que moi (horreur) et pour couronner le tout une chanson sur deux est une chanson d'amour. Bref.

La bonne nouvelle du jour (je sais c'est nul) c'est que je garde la ligne, effet club de gym ou chagrins en cascade je sais pas. Je vais devoir me contenter de ça pour la bonne nouvelle du jour.

Bon sinon, je peux aussi mettre au rang des choses bien que j'ai passé 1h25 au téléphone avec ma soeur et qu'au travail la journée n'a pas été horrible. Je me suis acheté un petit livre qui me rappelait mon enfance à la sauvette avant de grimper dans le RER. J'avais le sourire aux lèvres en le feuilletant ensuite.

Voilà voilà... A part ça...

A part ça les angoisses qui m'étouffaient hier se sont tues. Je prends sur moi, j'attends. J'essaie de continuer à avancer, de me raccrocher à ce que je peux, de voir venir. Au final ça reste assez vivable pour le moment.

Ce qu'il y a de plus douloureux là dedans, c'est la peine qui revient. Tout ce que j'ai déjà pleuré, son amour fou du début disparu, nos projets d'avenir, notre quotidien, sa présence, je le pleure à nouveau. La peur panique qui m'envahit d'être encore seule à mon âge - et de le rester, ressurgit soudainement. La même souffrance réapparaît, et cette fois m'épuise.

Je m'accroche à mes projets professionnels, à mon petit chez moi, à mes amis, à mon avenir fantasmé, à mes modèles de solitude, à mon blog aussi, et à vos si jolis commentaires.

Et voilà.

mardi 1 avril 2008

Si je m'écroule

C'est arrivé soudain, juste après le coup de fil dont je vous ai parlé hier. La déprime m'envahit et me ronge. Ca ne va pas.

Je n'en peux plus de souffrir. J'ai réussi tant bien que mal à surmonter nos trois ruptures. J'ai encaissé, trois fois, les "J'y arrive pas", "Je pense qu'il vaut mieux qu'on se sépare" et les "J'ai l'impression d'aller dans une autre direction". Mais là je m'effondre, c'est trop pour moi.

Je lui ai pris la tête hier. J'ai essayé de lui expliquer à quel point c'était dur pour moi, qu'il n'aurait pas cette fois droit à l'erreur, que je ne lui faisais pas confiance. Il se recroqueville et ne dit rien. Il change d'avis ? Il n'arrive pas à reconnaître ses torts ? Je ne sais rien et m'embourbe en moults suppositions.

Je me sens prise au piège dans ma souffrance. Je ne peux pas lui dire non, pour la simple et bonne raison que je suis toujours amoureuse de lui et que je rêve encore bien sûr de le retrouver. Lui donner une chance m'est pourtant difficile : nous voir sombrer une quatrième fois me terrorrise.

Finalement, écrire tout ça me fait presque du bien. Il faut tracer ma route, garder ma ligne : mes amis, mes sorties, mes projets et attendre que l'orage passe. Je réalise à quel point je n'ai pas d'autre choix.