lundi 28 avril 2008
La soirée qui fait (un peu) mal
Par Suzie, lundi 28 avril 2008 à 23:47 :: Mon blog
Quelque part c'est un peu mérité. Prends-toi ça dans les dents petite Suzie qui croit que tous les mecs sont à tes pieds. Les deux Matthieu se trouvent presque vengés. Je vous la fais dans l'ordre, ce sera plus facile.
10h30 : J'arrive au travail guillerette. Le week-end fut bon et ensoleillé. J'ai prévu de revoir Matthieu 2 le soir même. Mes congés sont enfin validés. Je réserve mes billets pour l'Allemagne.
La journée passe gaiement malgré la pluie par la fenêtre. J'ai un dossier passionnant à traiter. J'imagine la liste de mes bagages. Je me retiens d'écrire un mail à l'Autre, je me jure de ne pas le faire avant mercredi soir. Tout va.
20h00 : Je rentre chez moi. Le petit chien m'attend. Matthieu m'appelle et propose de passer me voir. Je sens au téléphone que le charme est retombé mais accepte pour le plaisir de le connaître mieux. J'engloutis une tranche de jambon et une soupe et l'attend.
20h50 : Il est en retard... Et là - fatale erreur - je consulte mes mails. Bastian m'a écrit, et manque de chance, ça ne sent pas très bon. En français dans le texte : J’ai rencontré quelqu’un d’autre au week-end, J'ai adoré Paris avec toi, tu es adorable, mais, maintenant je ne sais pas comment ca sera dans trois semaines, Je ne suis pas sûr si ca va être le bon moment pour se rendre visite. Ou comment un épiphénomène peut un instant faire trembler votre monde.
21h10 : A peine le temps de raconter l'affaire à ma meilleure amie que Matthieu franchit le pas de ma porte. Et ce n'est pas le moment. Il tente de m'embrasser puis de prendre ma main, je l'esquive. Je tente de lui expliquer que ça ne va pas très bien pour moi. Le chien l'agace. Il renverse sa bière sur le parquet (que j'avais tout juste lavé, horreur et damnation). J'ai les larmes aux yeux, lui demande pardon, et le prie de sortir.
23h00 : Son petit chien en laisse, la pauvre Suzie pleure à chaudes larmes et parcourt son quartier. Le mail de Bastian était vraiment gentil. J'ai été touchée par son honnêteté et ne lui en veux pas. Seulement cela tombe mal. Mille pensées m'assaillent et tournent autour de l'Autre.
23h30 : Je sais que c'est nul. Je sais que j'aurais mieux fait d'aller me coucher mais c'est fait et il ne reste plus maintenant qu'à en limiter les dégâts. Soumise à mes angoisses, rejetée, j'ai appelé l'Autre. Il arrive d'ici une heure avec un splif. Je ne sais pas ce que je vais lui raconter. J'ai intérêt à avoir des idées.
Bastian restera un bon souvenir, vraiment. J'ai de la tendresse pour les moments que nous avons partagés. Nous n'avions rien à attendre l'un de l'autre. Le rejoindre en Allemagne me permettait d'éloigner l'Autre. Je devrai composer sans cela. La solitude me semble toujours très douloureuse, il faudra l'apprivoiser. L'Autre vient ce soir : surtout ne pas me laisser aller à de bêtes confidences. Parler de lui, essentiellement.
Dire que demain, mon dossier passionnant n'aura pas avancé...

