Il y a une semaine, je quittais Paris, le coeur un peu serré, la valise à la main. Je refermais la porte sur mon appartement, embrassais le petit chien tendrement. La musique à fond dans les oreilles, le téléphone dans une main, j'étais un peu anxieuse mais surtout ravie. Mon moment à moi, mon petit luxe, mon soupçon d'égoïsme. Je partais en Allemagne désinvolte et libre.
Le trajet s'est fait tranquillement. Partagée entre mon lecteur MP3, mon magazine Psychologies et mes somnolences, je rêve et savoure chaque instant. J'observe mes compagnons de route, presque tous déjà Allemands. J'admire leurs yeux clairs et ris de constater que je ne les comprends pas.
14h45, j'attends ma valise à l'aéroport de Brême. Un enfant joue sur le tapis roulant. Je transpire un peu. Il est de l'autre côté du mur. Il sera mon guide pendant les quatre jours à venir. Plus moyen d'échapper.
J'ai retrouvé Bastian. Il m'attendait avec son grand sourire et ses yeux bleus. Il me souhaite la bienvenue, je lui fais la bise -ce qui semble le décontenancer. Il me conduit au tram. Il est visiblement plus à l'aise que moi. Il me parle et commence à me décrire sa ville. Je suis un peu distraite et le suis jusqu'à l'hôtel qui nous attend.
L'hôtel n'est pas luxueux, c'est une auberge de jeunesse. J'affiche dès mon arrivée mes limites en anglais. L'aubergiste nous confie une clé et des draps. Nous rejoignons notre chambre.
Ce que j'aime chez Bastian, c'est sa grande bavardise. A peine avons nous posé nos valises que les débats s'enchaînent. Il me décrit le système scolaire allemand, je lui rappelle le fonctionnement du nôtre, nous comparons et échangeons avec grand intérêt. J'attends impatiemment le "On y va ?" qui débutera notre visite de la ville mais il ne vient pas. Bastian s'allonge sur le lit. Il me regarde avec insistance. Par timidité peut être, je ne le rejoins pas. Il finit par s'approcher de moi, m'embrasse, et m'attire jusqu'à lui.
Nous avons fait l'amour pour la première fois dans cette chambre vétuste. Il me promet un meilleur lit à Hambourg, nous ne disposons à Brême que de lits séparés. Il me fait l'amour étrangement, je ne suis pas à l'aise mais retrouve rapidement un grand désir pour lui. Je le caresse et tente de le guider en lui parlant. La manoeuvre est délicate, il s'interrompt et me regarde. Il n'a pas bien compris et traduit sans doute dans sa tête mes paroles. Je comprends qu'à l'international, il vaut mieux éviter de s'étendre à l'oral.
Il jouit rapidement, comme souvent. Je suis rassurée, il avait donc bien envie de me voir - souvent le sperme des garçons m'apporte ainsi un grand soulagement. Je suis frappée par sa gentillesse et son attention. Il m'offre à boire et nous partons, finalement, visiter la grande ville.
Il discute avec l'aubergiste en allemand, lui demande quelques renseignements. J'écoute sa voix grave égrener des mots auxquels je ne comprends rien. Je trouve cela incroyablement sensuel et trouve toujours l'envie de lui.
Cette envie ne m'a jamais quittée tout au long des quatre jours. Je ne sais pas bien l'expliquer, ce garçon a un immense pouvoir sur moi. Il n'est pas un parfait technicien, j'ai connu des hommes plus experts en plaisir, mais il me rend folle de désir. C'est peut être son accent, la distance qu'il instaure entre nous, sa nouveauté, la douceur incroyable de sa peau, ses grands yeux, son sourire, les cris qu'il pousse au moment de jouir, la taille parfaite de son sexe tendu. J'ai adoré son contact, faire l'amour avec lui. Il est de l'ordre du fantasme : quand je ne le touchais pas, je n'ai cessé d'en rêver.