Suzie s'exprime ici

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 28 mai 2008

Cette fois je pleure

Les chansons débiles de la Nouvelle Star, ça ne me réussit pas à chaque fois.

Je sais pas trop ce que j'ai ce soir, ça va pas fort. Sans doute un peu de tout éparpillé en moi. J'aimerais passer une journée sans sortir, serrée contre mon petit chien, et ne plus trop penser à rien.

Je ne sais pas quoi faire de moi et je suis fatiguée.

J'ai fumé des cigarettes, j'ai bu beaucoup d'alcool, j'ai fait l'amour avec d'autres mecs, j'ai réfléchi sur moi. Et maintenant, je fais quoi ? J'attends le mois d'Août en me rongeant les sangs ? L'autre est là, toujours, et j'hésite finalement à ne pas accélérer le processus convenu.

Aucune nouvelle de Bastian. Son souvenir s'estompe doucement. Etant donné la présence de l'Autre, c'est vraiment bien. Et pourtant une petite blessure en moi me rappelle qu'il est difficile de ne pas plaire.

Au travail, le malaise me poursuit. Je n'ai pas ma place dans la nouvelle équipe que j'ai rejoint. Pas ma place, que puis-je craindre de pire ? Je ne réagis pas, perdue dans mes projets contradictoires et la peur de me faire remarquer.

Le stagiaire s'en va. Les filles sont hostiles avec moi. Mes amis se marient. Je me sens terriblement seule et paumée dans cette vie transitoire.

Cette fois je pleure.

mardi 27 mai 2008

La haine

Il fallait que j'aille jusque là. Je l'évitais depuis bien trop longtemps. Même en thérapie je restais évasive sur ce point, toujours. La honte que je trainais, la souffrance, la saleté.

J'appelais mon amant de 50 ans l'ogre. Sans doute je savais bien la part de moi qu'il avait dévorée.

Nous nous sommes aimés, c'est vrai. C'est vrai qu'à 17 ans, fantasmer sur un homme d'expérience est aisé. C'est vrai que j'étais sûre de moi, romanesque, passionnée. Alors je l'ai eu. Nos débuts ont été merveilleux. Nous vivions dans un livre, nous étions d'exception. Mais cela n'aurait pas dû durer.

Je n'en ai jamais voulu à personne. Je me suis toujours cru responsable. Aujourd'hui seulement, une colère est née. Plus qu'une colère. Une haine.

Je l'ai appelé ce soir. Pour lui prouver que je n'étais plus la créature qu'il avait façonnée. Cela m'a pris du temps, cela fut douloureux, mais j'y suis arrivée. Non je ne suis pas le monstre de perfection physique et intellectuelle qu'il avait imaginé. Je suis juste moi et je suis bien comme ça.

Je lui en veux. L'adulte c'était lui. Il m'a volé les plus belles années de ma vie. Pris dans un piège, j'ai mis trois ans à le quitter. J'avais l'impression que je ne pouvais pas survivre sans lui. J'avais l'impression d'être une marionnette qu'il animait. Sans lui je n'avais plus d'âme.

J'en veux à mes parents, de n'avoir pas su me protéger. Tout le village était au courant, tout le monde le savait, que j'étais "la pute du grand médecin". Ils n'ont rien fait. Pendant deux ans.

Pour la première fois de ma vie, pour la première fois je lui ai tenu tête. Pour la première fois deux adultes se sont confrontés. Mon appel lui a fait de la peine sans doute. Pourtant je n'ai pas dit tout ce que je pensais. Les années perdues, la honte, la maladie qui a suivi, la colère. J'ai tout gardé pour moi. J'ai eu pitié du vieil homme qu'il devient, savant fou perdu dans les souvenirs qu'il a gardé.

Je me suis souvent senti impure à cause de lui. A partir de ce moment et pendant très longtemps, je n'osais plus entrer dans les églises de peur que les statues ne se tournent sur moi. Lorsque j'ai trouvé l'Autre, je le trouvais trop propre pour moi.

Je suis une femme. C'est fini. Enfin.

dimanche 25 mai 2008

Un peu de moi

Ca ne se voit pas toujours mais j'avance...

J'ai retrouvé une cassette chez mes parents. Un film. J'ai 18 ans. Je suis belle à creuver. Je porte les cheveux longs, blonds. Je joue au théâtre, je danse, et suis assez douée. J'ai un amant. Je crois à une vie formidable, je suis passionnée, rêveuse, irréaliste. Mon amant à 50 ans. C'est le médecin du village. Il joue au théâtre avec moi et me filme. J'ai regardé cette cassette cet après-midi. C'était très émouvant mais ça m'a fait du bien. Nous nous sommes aimés, vraiment. Et au fond, je n'ai pas tant changé que j'aurais cru.

A Dijon, je revois Magda à l'époque où je l'ai connue, amie de la première heure. Le petit chien aussi m'accompagnait déjà. Sur les murs, un portrait de Gogol et quelques citations. Je commence à aller mal et ça se voit.

J'ai retrouvé mon Blond aussi récemment. Nous avons partagé les deux pires années de ma vie. Il m'a soutenue, portée, accompagnée à l'hôpital, guidée vers la guérison. J'ai du mal à ne pas noircir cette période. Je réapprends doucement à la voir autrement. J'ai commencé le bénévolat à cette époque là. Je me suis passionnée pour mes études. J'ai connu de grandes amitiés. J'ai terriblement appris.

Ainsi, parfois, je retrouve une cohérence. Doucement.

samedi 24 mai 2008

HA REMONT

En Russe, HA REMONT signifie en rénovation. C'est un peu ça...

J'ai choisi de raconter ici mon week-end en Allemagne pour ne rien en perdre. Comme j'avais choisi d'y laisser les souvenirs de mes nuits parisiennes, de mes folies rennaises, de chaque grand moment. Je me réveille amoureuse de la vie. Je veux tout prendre, tout faire, tout voir et le plus vite possible. Vivre 100 vies comme un grand leitmotiv.

Je n'ai pas eu de nouvelles de Bastian. J'ai demandé à mon ami rennais de ne plus m'en donner. Et c'est très bien comme ça. Que je le veuille ou non, j'ai besoin de temps, profondément, pour moi.

J'ai mille choses à penser et mille choses à faire. Pour la première fois de ma vie, je me demande, finalement, ce que je veux vraiment. Je me redécouvre festive, libérée, bien avec moi.

Reste à en faire quelque chose... Reste à limiter l'influence de l'Autre, toujours omniprésent. Reste à aller me coucher pour le moment.

vendredi 23 mai 2008

Un week-end en arrière - 2

La soirée à Brème est doucement étrange. Sitôt avons nous fini de faire l'amour, qu'il instaure une nouvelle distance. Ce phénomène nous a rarement quitté au cours de ces quatre jours.

Nous mettons un peu de temps à trouver le quartier qu'il souhaite me faire découvrir. Je savoure cette promenade, j'observe les boutiques et les gens, déjà tous étrangers. L'air est doux mais sent une étrange odeur : il me raconte les usines de malt et les brasseries qui entourent la ville. Tout me semble pittoresque. Nous allons dîner dans un restaurant portugais, en terrasse, sous un feuillage dense. Nous parlons de choses et d'autres, des relations amoureuses de notre amie commune, et je découvre -ce qu'elle m'avait confié- sa capacité à comprendre les gens, à les écouter, et à les conseiller. Une grande assurance émane de lui.

Après dîner, nous partons à la recherche d'un bar. Les bières s'enchainent, il les choisit avec beaucoup d'attention et m'explique leur différence. Moi pour qui un demi est un demi, découvre les subtilités de cette boisson commune : celle-ci est plus sucrée, et celle-là plus amère... L'alcool monte à ma tête, j'ai du mal à suivre sa consommation. Nous finissons par nous affronter au baby foot du fond du bar.

En sortant, j'ai la tête qui tourne et ris très facilement. Il m'apprend quelques mots d'allemand, les chiffres et quelques expressions. Arrivés à l'hôtel, il éteint la lumière et se tourne vers moi. "Alors, où est donc ma petite actrice ?". Ce fut notre nuit la plus chaude. Embrumés par l'alcool, nous nous laissons aller. Il me caresse longtemps, guide ma main sur son sexe. Je le prends dans ma bouche. Tout est fou, obscur, déraisonné, bon.

Un week-end en arrière

Il y a une semaine, je quittais Paris, le coeur un peu serré, la valise à la main. Je refermais la porte sur mon appartement, embrassais le petit chien tendrement. La musique à fond dans les oreilles, le téléphone dans une main, j'étais un peu anxieuse mais surtout ravie. Mon moment à moi, mon petit luxe, mon soupçon d'égoïsme. Je partais en Allemagne désinvolte et libre.

Le trajet s'est fait tranquillement. Partagée entre mon lecteur MP3, mon magazine Psychologies et mes somnolences, je rêve et savoure chaque instant. J'observe mes compagnons de route, presque tous déjà Allemands. J'admire leurs yeux clairs et ris de constater que je ne les comprends pas.

14h45, j'attends ma valise à l'aéroport de Brême. Un enfant joue sur le tapis roulant. Je transpire un peu. Il est de l'autre côté du mur. Il sera mon guide pendant les quatre jours à venir. Plus moyen d'échapper.

J'ai retrouvé Bastian. Il m'attendait avec son grand sourire et ses yeux bleus. Il me souhaite la bienvenue, je lui fais la bise -ce qui semble le décontenancer. Il me conduit au tram. Il est visiblement plus à l'aise que moi. Il me parle et commence à me décrire sa ville. Je suis un peu distraite et le suis jusqu'à l'hôtel qui nous attend.

L'hôtel n'est pas luxueux, c'est une auberge de jeunesse. J'affiche dès mon arrivée mes limites en anglais. L'aubergiste nous confie une clé et des draps. Nous rejoignons notre chambre.

Ce que j'aime chez Bastian, c'est sa grande bavardise. A peine avons nous posé nos valises que les débats s'enchaînent. Il me décrit le système scolaire allemand, je lui rappelle le fonctionnement du nôtre, nous comparons et échangeons avec grand intérêt. J'attends impatiemment le "On y va ?" qui débutera notre visite de la ville mais il ne vient pas. Bastian s'allonge sur le lit. Il me regarde avec insistance. Par timidité peut être, je ne le rejoins pas. Il finit par s'approcher de moi, m'embrasse, et m'attire jusqu'à lui.

Nous avons fait l'amour pour la première fois dans cette chambre vétuste. Il me promet un meilleur lit à Hambourg, nous ne disposons à Brême que de lits séparés. Il me fait l'amour étrangement, je ne suis pas à l'aise mais retrouve rapidement un grand désir pour lui. Je le caresse et tente de le guider en lui parlant. La manoeuvre est délicate, il s'interrompt et me regarde. Il n'a pas bien compris et traduit sans doute dans sa tête mes paroles. Je comprends qu'à l'international, il vaut mieux éviter de s'étendre à l'oral.

Il jouit rapidement, comme souvent. Je suis rassurée, il avait donc bien envie de me voir - souvent le sperme des garçons m'apporte ainsi un grand soulagement. Je suis frappée par sa gentillesse et son attention. Il m'offre à boire et nous partons, finalement, visiter la grande ville.

Il discute avec l'aubergiste en allemand, lui demande quelques renseignements. J'écoute sa voix grave égrener des mots auxquels je ne comprends rien. Je trouve cela incroyablement sensuel et trouve toujours l'envie de lui.

Cette envie ne m'a jamais quittée tout au long des quatre jours. Je ne sais pas bien l'expliquer, ce garçon a un immense pouvoir sur moi. Il n'est pas un parfait technicien, j'ai connu des hommes plus experts en plaisir, mais il me rend folle de désir. C'est peut être son accent, la distance qu'il instaure entre nous, sa nouveauté, la douceur incroyable de sa peau, ses grands yeux, son sourire, les cris qu'il pousse au moment de jouir, la taille parfaite de son sexe tendu. J'ai adoré son contact, faire l'amour avec lui. Il est de l'ordre du fantasme : quand je ne le touchais pas, je n'ai cessé d'en rêver.

mardi 20 mai 2008

Que dire de toi...

Ce fut aussi merveilleux que prévu.

Le premier soir à Brème. La visite de la ville. Le train vers Hambourg. Reeperbahn. Le bateau sur le port. Nos discussions sur le système social. Le marché à poissons. L'amour dans l'escalier. L'amour à Brème. L'amour à Hambourg. L'amour dès mon arrivée. La visite de Hambourg. Le magasin Marc'O Polo. Le magasin de pierres. Son sourire. Ses yeux bleus foncés. Ses amis si gentils. Le joint face à la mer. Les discussions sur les religions. Son sexe. Nos rires sur les godes et les suceurs de bites.

J'aurais pu tomber follement amoureuse. Je le suis sans doute un peu. Mais les choses sont très claires et c'est très bien comme ça.

Merci Bastian, pour toi, pour ce voyage et mes sourires, pour ce cadeau que tu m'as fait.

J'aurais mille choses à dire. La pudeur et le temps m'en empêchent pour l'instant.

jeudi 15 mai 2008

Un vertige général

C'est pas que ça va mal. C'est juste que j'ai un peu les larmes aux yeux. J'ai l'impression d'être une petite fille perdue dans la cour de récré. Tout le monde court et hurle autour de moi. J'attends que ça passe, que la cloche sonne et que tout cesse. Je ferme les yeux en attendant. Mais ça ne vient pas.

J'ai ma part de responsabilité dans ce chaos qui m'entoure et j'en ai bien conscience. Mais je ne sais pas comment l'arrêter.

Mon petit chien est à mes pieds - je respire. Je me sens très fortement reliée à elle en ce moment. Mon port d'attache, mon seul point fixe quand tout le reste semble mouvant.

Mon travail m'épuise. Les relations humaines s'enlisent, j'ai toujours préférée travailler seule, la présence des autres m'insupporte. Les nouvelles responsabilités qui ont gonflé mon ego me fatiguent désormais et je m'y perds un peu. Je cherche une issue, sans trouver le temps d'y repenser vraiment.

J'ai peur de retrouver Bastian demain. Peur et envie...

Le retour de l'Autre chamboule encore ma vie. Mes appels à la distance sont bien peu respectés, de mon côté comme du sien. Appels et textos s'enchaînent inexorablement. J'ai peur de retrouver Bastian car j'ai peur de ma culpabilité. Reste à me dire que je ne trahis personne et que l'Autre l'a bien cherché. L'envie, probablement, devant ce grand sourire et ces grands yeux d'allemand prendra le dessus sur tout ça. Envolée de Paris, j'espère que mon âme s'envolera tout court.

Le jeune Rennais rencontré récemment s'est attaché à moi sans que je n'y puisse rien. Il souhaite me rejoindre à Paris avant la fin du mois. Je pose quelques limites et lui dis non. Sa déception me touche et me rappelle qu'on ne joue pas avec les gens. J'espère lui expliquer ma vie confuse, j'espère ne pas lui faire de peine et ne sais pas où ce contact me mènera.

Je croyais que ce serait plus facile. Je croyais tranquillement tout gérer. L'ultimatum de l'autre à dans trois mois et, en attendant, le célibat choisi, ses rencontres et ses fêtes. Je n'en suis pas si éloignée, mais ce n'est pas si simple.

Ma famille me préoccupe également. Je n'ai pas envie de m'y attarder vraiment, des problèmes de santé pas marrants. Je m'en veux de ne pas savoir me comporter mieux quand je suis auprès d'eux. Je les aime autant que je n'arrive pas à les aimer.

Mes amis, ma bouée, heureusement, me sauvent.

Alors voilà pourquoi ce soir la petite fille qui est en moi à envie de pleurer. J'ai peur de l'avenir. J'ai peur des autres. Je me sens forte à l'intérieur de moi, stable aussi et c'est déjà très bien. Mais tout autour est trop mouvant, je ne sais pas où m'accrocher. Un vertige général.

Reprendre un peu de distance vis à vis de Lui. Eclaircir la situation avec mon tendre Rennais, quitte à le voir pour ça. Réfléchir à mon retour, et urgemment, à mon job et ma vie et tout ça. Penser à moi, et profiter, profiter de Bastian....

samedi 10 mai 2008

Faut que je vous dise...

Beaucoup de choses que je n'ai pas pu prendre le temps de vous écrire et qui font peut-être, que mes lecteurs - comme moi - s'y perdent un peu.

Mon séjour ici se prolonge comme prévu jusqu'à lundi. Grâce à Dieu (ou plutôt à mon papa et mon beau frère réunis pour calmer mon hystérie) j'ai enfin une connexion digne de ce nom.

Mardi, mon Autre a rendez-vous pour la première fois chez un psychologue. Il y a tout juste six mois il ne voulait pas en entendre parler. Je suis fière de lui, un peu de moi. La dernière fois que je l'ai vu, j'ai pu lâcher toute la colère accumulée contre lui au cours des derniers mois que je n'avais jamais osé sortir. Je crois que j'en avais besoin, et me sens beaucoup plus apaisée à son égard depuis. Les trois mois de réflexion et de distance que je lui ai imposés m'apparaissent toujours comme une bonne idée. A suivre donc.

Vendredi cap sur Hambourg ! J'ai suscité une mise au point avec Bastian. Il souhaitait bien encore me voir mais craignait pour sa liberté. Notre relation sera donc ce qu'elle est déjà : libre, sans engagement, au jour le jour. Au fond je crois que c'est très bon pour moi : faire la part des choses, loin de toute projection, et choisir le présent. J'ai déjà hâte de retrouver son corps, je laisse le reste me surprendre.

Plus tard peut-être un retour à Rennes et à l'ambiance funky groovy. En attendant, je reste connectée avec les jeunes rencontrés là-bas, et leur fraîcheur me fait du bien.

En attendant, boulot boulot, et les courtes semaines accumulées me font craindre le pire.

Plus en profondeur, j'ai mille choses à creuser : mon attitude ici, mes souhaits d'avenir, mon identité... J'espère avoir le temps de m'y mettre bientôt.

vendredi 9 mai 2008

Un week-end là bas

C'est souvent un peu comme ça, triste et gai à la fois.

Je mange quelques fèves récoltées le matin même dans le jardin. Ma grand mère apporte sur la table quelques petits farcis. Mes neveux sont tous plus mignons les uns que les autres. Ma soeur profite d'un moment dans la cuisine pour se confier un peu à moi. Mes oncles et tantes semblent contents de me voir. Mon papy radote un peu. Mes parents animent le repas.

Mais une mélancolie ne me lâche pas.

Je m'ennuie, perdue dans ce monde qui n'est plus le mien. Je peste de l'absence de connexion internet, serre mes téléphones contre moi comme autant de doudous parisiens. Je ne sais pas trop quoi raconter. Je me sens loin de la petite fille qui a grandi là bas. Je ressens une profonde incohérence qui me rend mal à l'aise. J'ai besoin de solitude et n'en trouve pas.

De vieux amis m'appellent et j'esquive comme une peste leur rendez-vous. Le célibat, qui à Paris m'est finalement apparu comme un choix, redevient une honteuse maladie. Les regards inquisiteurs se posent sur moi, et me mettent mal à l'aise : "Et toi Suzie, les enfants c'est pour quand ?".

Je vis mieux qu'avant ma différence et mes choix. C'est déjà ça.

mardi 6 mai 2008

I'm lost but I'm not stranded yet

Paumée, un peu. Je n'ai plus beaucoup écrit sur ma vie, c'est un signe peut-être.

Mon Autre sort de chez moi en pleurs. Je ne sais plus quoi faire de nous. Il m'écrit, vient chez moi, est trop omniprésent. Il n'a pas sa place dans ma vie d'aujourd'hui. J'ai ressenti le besoin de le lui préciser.

Je me sens mal et bizarre aussi. J'ai tellement souffert de cette rupture. Je ne la voulais tellement pas. Six mois après je la suscite. Comment ? Pourquoi ? Je disais qu'il fallait se battre pour un amour, je disais qu'il était trop facile de baisser les bras. Et maintenant ? Il m'est plus confortable d'être seule je crois, et c'est terrible à dire.

J'ai envie de continuer à vivre, à expérimenter, à tester mille choses. J'ai envie de repartir à la conquête de moi. Je sais que je l'aime et que je n'ai envie qu'avec lui de choses d'avenir. Mais mon présent est là.

Un week-end incroyable entre copines à Rennes. Une aventure allemande qui se poursuit la semaine prochaine. Mille projets et rêves pour repenser à moi. Des envies de rencontres, de nouveautés, de grandes peurs et de grands sentiments.

Je lui ai dit que j'avais besoin de distance, que nous ferons le point plus tard et que j'avais besoin de temps pour y penser. Je me sens nulle. Je n'ai jamais voulu le quitter.

dimanche 4 mai 2008

Funky Groovy

"Bah alors les filles, vous êtes pas funky groovy ?"
Une tête blonde échevelée se penche vers moi, deux grands yeux bleus me fixent à travers d’épaisses lunettes. Il s’appelle Dany il a 24 ans. Et nous voilà parties pour une folle virée rennaise.

Je me retrouve assise en cercle dans un salon. Un splif qui tourne, du rock plein les oreilles. On danse, on parle on rit. Ils sont étudiants en socio ou en langues. Me voilà juste bien.

Je viens de passer un week-end parfait. Sur une angoise célibattante, Magda et moi avions décidé de profiter du pont pour nous offrir un séjour de détente. Un peu par hasard, nous avions choisi rennes, pour sa réputation festive et ses alentours charmant. Tout y fut : les balades sur les bords du cap Frehel, les visites des remparts de St Malo, les confidences entre amies, les galettes au jambon, les crêpes au caramel, les punk dans la rue, le soleil qui fait – pour la première fois de l’année – rosir mes joues. Et puis les étudiants…

Parmi eux je redécouvre une façon d’être moi, une clope au bec, un jean pat d’eph à moitié sale, de vieilles kickers, sans maquillage. Une autre facette. Rien à prouver. Leur accueil et leurs sourires m’ont émue. Ils nous offrent à manger et à boire, nous posent mille questions, semblaient juste ravis de nous avoir rencontrées. En un quart de secondes, nous faisions partie de la bande dans cette fête à laquelle nous n’étions pourtant pas invitées. Paris et ses castes, ses fêtes réservées, nous parait trop souvent bien loin de cela.

Funky groovy, comme un hymne à la vie de ce week-end incroyable. Je ne l’oublierai pas.