Suzie s'exprime ici

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lundi 30 juin 2008

Allemagne 1 - Espagne 0 ; Suzie refait le match

Je ne sais même pas quoi vous dire. Je ne suis pas très fière de moi. J'ai pleuré tout le long du trajet ce matin pour venir échouer ici, au travail, devant mon bureau, incapable de travailler et de faire quoique ce soit. J'ai dormi 2h30 cette nuit, et pas tellement plus les nuits précédentes. Raconter ma lâcheté n'est pas si facile.

Depuis que j'étais rentrée d'Allemagne, le silence de Bastian aidant, je m'étais finalement rapprochée de mon Autre. Jusqu'à lui promettre quelques jours de vacances en Espagne cet été : je pensais alors que ma raison serait la plus forte et que le temps m'apporterait son lot de réponses.

J'aimerais dire que le destin en a décidé autrement. Plus ou moins consciemment, j'ai pourtant suscité l'évènement, et cherché la situation dans laquelle je me trouve maintenant.

Ce week-end, je suis retournée en Allemagne avec une de mes amies. Nous avons participé à la fête de la bière d'un petit village. Le charme a encore opéré.

Il s'appelle Patrice, il a 29 ans, il est médecin. Il mesure 1m98, les cheveux blonds et les yeux les plus bleus que je n'ai jamais vus. Il fait l'amour doucement. Il est si parfait que je n'ai pas compris ce qu'il avait pu me trouver. Nous nous sommes trouvés le vendredi soir. Nous ne nous sommes plus quittés jusqu'au dimanche. Voilà.

Mes collègues sont gentils, m'entourent et me conseillent. Dormir d'abord. Attendre des nouvelles de Patrice. Ensuite, prendre une décision, plus ou moins rapidement, vis à vis de mon Autre.

Je n'aime pas ce sentiment d'avoir été malhonnête. Je n'aime pas me soumettre ainsi à mes passions. Je regrette mon coeur d'artichaut. J'aurais aimé être une fille rationnelle et sage, je ne suis qu'impulsion.

Les émotions se bousculent dans mon ventre. Je me sens vivante, c'est déjà ça.

mardi 24 juin 2008

Rien que pour toi Koyotte

Je dois dire que moi au fond, j'aime bien me faire tagguer. J'aime bien qu'on pense à moi, et puis j'aime bien parler de moi aussi. Et puis en plus ça me donne des idées de notes toutes faites. Voilà c'est dit !

5 contradictions sur moi donc...

J'aime écouter de la variété française passéiste sur Chérie FM et Nostalgie tout comme je suis fan de Noir Dez, de Deportivo et de rock français. Traditionnelle avant gardiste.

Je suis considérée comme une fille froide et déterminée dans mon travail notamment, et je fond de tendresse dégoulinante à peine rentrée chez moi devant mon petit chien. Intransigeante et douce.

Je suis une bonne élève, sérieuse, perfectionniste, et j'ai pourtant été virée de nombreux cours pour insolence - aujourd'hui encore, je suis à la fois l'étoile montante de mon équipe et une rebelle presque ingérable. Disciplinée et indomptable.

Je suis une allumeuse chaude et calculatrice mais avant tout une simple femme vive attachée. Seductrice sentimentale.

Je suis capable de lire des livres de Boris Cyrulnik tout en me délectant du dernier Ca se discute sur France 2. Superficielle et légère.

Voilà. Et je taggue pour la suite Tribulanne et Farewells (juste pour qu'il nous prouve qu'il vit encore).

jeudi 19 juin 2008

Ma poupette

Je t'ai laissée ce soir pour deux jours chez une amie de grande confiance - séminaire de travail oblige.

Tu n'imagines pas à quel point l'appartement est vide sans toi. Bientôt sept ans de vie commune et tellement peu d'absences. Je me retourne et te cherche naturellement du regard. Je me lève et m'étonne que personne ne suive mes pas.

Ca va pas fort ce soir et personne n'y peut rien. Tu me manques poupinette. Vivement après demain.

lundi 16 juin 2008

Pourquoi tu reviens pas ?

L'Autre est toujours là et m'attend. Je n'ai toujours pas pris de décision, mais j'y réfléchis presque constamment, sans m'en rendre malade.

Je me demande pourquoi cela me semble si dur aujourd'hui de revenir vers lui, ce qu'il a bien pu se passer, si c'est irrémédiable. J'ai trop peur de le regretter alors je prends mon temps, je sonde mes mécanismes, et cherche à acquérir une certitude qui ne s'en ira pas.

Le quotidien est doux avec lui. Nous avons une foule de points communs, il comprend tout de moi, nous avons les mêmes rêves d'avenir et partageons les mêmes valeurs.

Alors pourquoi je n'y arrive pas ?

La première de mes raisons n'est pas insurmontable je crois. Elle est certaine aussi, j'y ai bien réfléchi, et j'ai la certitude de ressentir cela. Il s'agit du fait qu'il a trahi ma confiance, et que j'éprouve une grande difficulté à le lui pardonner. Je l'ai découvert faible et hésitant, et j'ai peur aujourd'hui de l'avenir avec lui. Je n'ai plus confiance en nous comme je l'avais avant. Je lui en veux aussi énormément, et j'éprouve contre lui une grande colère. Cet élément pourrait d'arranger d'une façon ou d'une autre : je pourrais travailler sur le pardon, et lui regagner ma confiance. Cette expérience pourrait même se révéler positive pour notre couple. Ce que je veux dire par là, c'est que j'imagine que beaucoup de couples ont tôt ou tard, ce genre de prises de conscience. Un jour, l'autre déçoit, tombe de son piédestal, et il est dur de s'en remettre. Au moins je l'aurais déjà expérimenté avec lui, et nous aurons de même appris à vaincre cela.

La deuxième de mes raisons est plus floue, presque bâtarde, irréfléchie, fuyante. Il s'agit du fait que je ne sais plus quel est mon désir profond. Ce que je veux dire par là, c'est que je n'arrive plus à faire la part des choses entre mes envies de mariage, d'enfants, de vie stable et rangée et mon bonheur de jeune célibataire, mes folies en Allemagne et ma liberté retrouvée. Parfois, je me surprends à rêver de concilier les deux, ce ne serait pas impossible avec Lui qui n'a jamais cherché à m'enfermer. Mais je reste méfiante. Au fond j'ai peur de me remettre avec lui pour de mauvaises raisons, pour réaliser inconsciemment le fantasme de vie de mes parents. Ce que je disais plus haut sur nos exceptionnels points communs tant à faire penser le contraire : je serai avec lui plus pour cette fascinante complicité que pour l'apparence mais au fond je ne sais pas...

Voilà l'état, ce soir, de mes réflexions, à l'aune d'une décision qui se révèle bien dure à prendre.

samedi 14 juin 2008

Un week-end en arrière - 3 / The climax

Le matin à Brême il se réveille avant moi et m'observe en souriant. Il se moque un peu de mon sommeil de plomb. Nous nous levons. J'ai mal dormi : pendant la nuit, l'Autre m'a harcelée de textos. J'ai du lui dire que j'avais besoin d'air, je sais que je lui ai fait du mal et ce n'est pas agréable.

Il pleut un peu mais cela ne nous décourage pas à visiter la ville. Une statue des musiciens de Brèmes, plusieurs églises, un déjeuner made in Spargels, quelques boutiques. Nous discutons encore beaucoup : les femmes et le sexe, l'éducation religieuse...

Il est temps de partir pour Hambourg.

Dans le train, que nous avons failli manquer, une horde de jeunes gars fête l'enterrement de vie de garçon de l'un des leurs. Avec Bastian, nous parlons toujours beaucoup, mais la distance physique est grande. Pas un geste de tendresse, je tente de m'adapter.

A l'arrivée un de ses amis nous accueille. Nous allons dormir chez lui pour la nuit. Il vit dans une toute petite chambre dans une résidence universitaire. Il a une vue superbe sur la ville que je découvre, ébahie. Je commence à parler anglais et finalement découvre que je ne suis pas si nulle que je ne l'aurais pensé.

La soirée commence. Phil nous emmène visiter un quartier. L'hôtel de ville au bord d'un lac, nous nous asseyons sur un banc et partageons un joint. Tout est illuminé face à nous et scintille sur la mer. Je suis bien.

Un troisième ami nous rejoint dans un bar, dans un quartier plus animé. L'alcool commence à monter à nos têtes. Les trois amis font l'effort pour moi de parler anglais, et me choient comme une petite poupée. C'est agréable et j'en profite. Des bières, du schnaps et quelques shots, nous partons pour Reeperbahn, le quartier chaud, la tête déjà bien embrumée. A peine le temps de se remplir l'estomac avec une espèce de hot dog, nous y voilà.

Reeperbahn est un quartier à part. Il y a énormément de monde dans les rues le samedi soir. Tout le monde est saoul et fume. Il y a des putes partout, qui se baladent avec un petit sac noir. L'ambiance est malsaine, presque étouffante. Protégée par mes trois acolytes heureusement, je me sens bien. Nous allons de bars en bars, fumer, boire et danser. Je me retrouve collée à Bastian et draguée par d'autres mecs en même temps. Sa présence me rassure, je continue à chanter, à danser et à boire sans plus penser à rien.

Vers quatre heures du matin, Phil semble fatigué. Il a la bouille d'un vieux célibataire pas vraiment sûr de lui et somnole dans un coin de la boîte. Nous décidons de rentrer. Arrivés à la résidence, Bastian a coup de folie dont il a le secret : "Et si nous allions au marché à poissons ?". Je me laisse guider.

Je ne connaissais pas cette espèce de tradition. Après Reeperbanh, beaucoup de gens bourrés échouent au marché à poissons. Ils y retrouvent les vendeurs et les fraîches mamies venues faire leurs courses du dimanche. On y vend de la bière comme du café. Les estomacs se remplissent de poissons frits et de sandwichs étranges. Bastian, pour la seule fois du week-end est presque tendre avec moi. Il me serre dans ses bras dans les halles, m'aide à goûter quelques produits locaux. Nous restons là un temps à écouter un concert de rock surprenant.

Le soleil a commencé à se lever sur le port, il fait presque jour lorsque nous rentrons. La résidence est endormie. Devant la porte de notre ami, nous réalisons notre erreur : dans notre précipitation, nous l'avons quitté sans prendre de clés. Phil dort et ne nous entend pas. Je suis fatiguée et presque prête à dormir dans le corridor. Bastian insiste et tape frénétiquement. En vain. Nous avons peut-être réveillé tout l'étage, mais Phil dort encore.

Soudain, nous entendons une musique, très forte, plus haut dans les étages. Intrigués, nous grimpons jusqu'à nous trouver sous les toits. L'escalier s'arrête là. Un haut parleur diffuse à fond l'opéra de la flûte enchantée. Je ne comprends pas bien. Nous pensons d'abord à une messe ou une salle de spectacle installée tout là haut. Il n'y a rien que des couloirs. Bastian suggère alors un moyen non violent - allemand ?- d'éviter que des squatteurs ne s'installent dans la cage d'escalier. La musique est si forte que personne ne pourrait l'endurer.

Nous nous trouvons donc là, fatigués, baignés dans une musique assourdissante, sans nulle part où dormir. Il a pris alors la décision seul et de façon inattendue, comme à chaque fois.

Bastian se retourne vers moi et m'embrasse. Je me laisse faire avec plaisir, dans ce pays étranger et ses bras je ne connais nulle pudeur. Il me glisse à l'oreille qu'il a un préservatif avec lui et le sort de sa poche. Je souris. Il me déshabille et se déshabille aussi. Il me caresse un peu, me retourne contre la rampe et me fait l'amour ainsi.

Il est huit heures du matin, je n'ai pas dormi de la nuit, je suis dans un escalier, quelqu'un diffuse de l'opéra à fond et Bastian me fait l'amour. Ma tête est au bord d'imploser de fatigue, de désir et de plaisir mêlés. D'abord comme ça, puis autrement, toujours debout, Bastian me prend et finit par jouir avec moi. J'entends son râle rauque, je sens son corps sur moi. J'ai conscience de vivre un instant incroyable.

Une fois redescendus de notre escalier, Phil se réveille enfin et nous laisse entrer. Bastian prend soin de moi, me prête sa couverture pour que je n'aie pas froid et s'endort rapidement.

Je ramasse mes souvenirs dans ma tête et me dis que vraiment, je ne suis pas venue pour rien, il y a avait de grands moments de vie à cueillir là bas.

mardi 10 juin 2008

Entre deux réunions

Coucou ma belle,

J'ai un petit creux pour une fois entre deux réunions. Je ne sais pas si c'est ton cas, je ne sais même pas si tu n'es pas déjà en déplacement, mais je tente le coup. Tu me manques un peu au bureau, je serai bien allée boire un coca ou t'accompagner fumer une cigarette en bas. A vrai dire, ça ne va pas très fort. A vrai dire, j'ai un peu les larmes aux yeux en t'écrivant.

J'ai commencé mon petit creux entre deux réunions en regardant de vieilles photos de Lui et moi, qui datent de l'année dernière. Je les avais soigneusement rangées dans un coin de l'ordinateur, et je les ai ressorties. Et là j'ai revu des images de notre appartement, notre déco, les meubles que nous avions choisis ensemble. Et tout d'un coup je me suis sentie écoeurée, et j'ai à nouveau ressenti une grande colère contre lui. A tel point que je lui ai envoyé un mail assez méchant. Nous devions nous voir ce soir et manger au restaurant ensemble, et finalement j'ai annulé. C'est souvent comme ça, j'alterne à son égard entre colère et résignation, je me sens totalement paumée. D'un côté j'ai envie de me battre et de nous laisser une chance. D'un autre côté je suis perdue.

J'ai poursuivi mon petit creux en relisant des passages de mon blog. Et notamment ceux qui parlent de Bastian. C'est dingue, je ne comprends pas bien pourquoi, mais cette histoire ne m'a jamais rendue aussi triste que maintenant. Je crois que le moment est venu d'avouer que j'étais bien amoureuse de lui. La première fois que je suis retombée amoureuse après ma rupture, forcément c'est violent. Et le fait que ça se termine comme ça, plus ou moins inexplicablement, et dans un feu d'artifice en Allemagne, ne m'aide bien sûr pas. En fait c'est totalement fou mais il me manque. Mine de rien, de notre rencontre à mon séjour là bas, j'ai toujours été en contact avec lui, téléphonique notamment. Je passais beaucoup de temps à rêver à nos retrouvailles. Et mine de rien, ça me faisait un bien fou. Je ressasse les fous rires qu'on a eu, les fois où on a fait l'amour, les discussions qu'on a pu avoir, les visites qu'on a faites, les choses gentilles qu'il m'a dites... Ca a été trop court pour que j'ai le moindre recul et que je sorte de cette idéalisation. La vie, c'est pas vraiment aussi facile que dans "Sex & the city"....

Niveau boulot les choses sont en statu quo. Depuis hier j'aplanis les choses en me rendant agréable, tout se passe bien. Mon nouveau projet et du coup ma nouvelle affectation sont incertains. Mais ce n'est pas ma préoccupation principale. J'attends de voir...

Tu me manques drôlement aujourd'hui, j'ai envie de pleurer.

Je t'embrasse en tout cas, et j'espère que de ton côté ça va.

Suzie.

lundi 9 juin 2008

Bastian

J'ai allumé ma bougie parfumée. Ça faisait un moment que je ne l'avais plus fait, je ne sais pas pourquoi.

Je me souviens qu'elle était allumée, ce dimanche soir où Bastian m'avait rejoint chez moi. Il avait éteint toute les lumières, et l'avait laissée seule.

Ok, j'en conviens, ce n'est pas si facile que ça. Je pense à lui souvent. Je me rappelle l'Allemagne, sa présence, la chaleur de son corps, son sourire. Je ne sais pas bien pourquoi.

Je n'ai pas eu de nouvelles. Rien d'étonnant vraiment. Je n'y ai pas compris grand chose à ce gars là au fond, où alors je préfère ne pas comprendre qu'il ait pu ne pas tomber amoureux de moi.

Je le trouvais incroyablement beau. Ses grands yeux bleus, son doux sourire. Intéressant aussi, intelligent, cultivé, étranger. Gentil je crois.

Ah, les douceurs du début, les plaisirs des premiers moments, le frémissement de la découverte.

J'ai connu tout cela avec l'Autre. Je m'en souviens avec nostalgie. Aujourd'hui il est là. Comme si j'étais monté sur une colline et qu'il m'attendait, patiemment, en bas.

Le temps que je revienne...

samedi 7 juin 2008

Le vent me porte pour l'instant

Je n'ai pas beaucoup le temps d'écrire, ni l'envie pour être honnête.

Ça ne va pas trop au travail. Je savais bien que je n'étais pas la petite employée modèle qu'ils ont imaginé. Je leur offre la preuve par l'exemple. Je me dis que c'est bien aussi, que c'est une épreuve à surmonter, et que je dois apprendre à ne pas être toujours première.

Je continue à réfléchir et à projeter.

Un nouvel engagement associatif se profile. J'abandonne celui qui m'a faite courir pendant 4 belles années, avec le sentiment de la tâche accomplie.

Encore six mois à Paris, pour profiter de mon niveau de vie, de mes sorties et de mes amis. Et puis le départ se précise... Je pense profiter de mes prochaines années pour un volontariat à l'étranger.

Je prends conscience de mon hyperactivité sociale. Ce week-end, rien de prévu. Pas de sortie, juste moi et mon chien. Je retrouve un peu de sérénité dans la solitude et me sens bien.

Pas de décision prise encore vis à vis de l'Autre mais je le retrouve doucement et attends de voir. Je n'arrive pas à oublier Bastian aussi vite que prévu, je suis une faible femme.

En écrivant je me sens bien. Finalement, j'avance...