Suzie s'exprime ici

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jeudi 24 juillet 2008

Hard time

Demain matin mon réveil sonnera à 5h. Je devrai alors quitter ma parenthèse enchantée de soleil et de plage pour retrouver Paris. Le rendez-vous est pris à 17h à la Défense : je vais poser ma démission. Je redoute ce moment, je crains de ne pas trouver les mots, et de m'effondrer finalement. J'ai des doutes évidemment, mais c'est aussi ma seule vraie construction du moment, alors je m'y accroche.

A part ça... A part ça je n'avance pas. Mes amies sont bien dures avec moi :Suzie, tu stagnes depuis tellement longtemps...; Tu fais deux pas en avant puis trois pas en arrière ! C'est un peu vrai, mais je n'y arrive pas.

Je me sens prise au piège, coincée entre deux murs.

L'Autre est toujours là, continue d'attendre, et insiste. Mes amies me parlent mariage, bébé, horloge biologique. Je le regarde et je sais que nous avons tout à faire ensemble. Il est le seul avec lequel je puisse envisager aujourd'hui de construire un avenir. Le seul en qui j'ai toute confiance pour affronter les épreuves d'une vie. Le seul qui me comprend parfaitement. Trois longs mois qu'il attend, c'est bien assez payé pour ses erreurs passées, dues à une dépression qu'il guérit aujourd'hui.

Et puis... Et puis il y a eu ces deux grands mois entre Bastian et Patrice pendant lesquels je n'ai pas pu revenir vers lui.

Et puis il y a Patrice aujourd'hui. Patrice et nos rires, notre complicité naissante, nos rêves, son corps merveilleux, ses mains posées sur moi auxquelles je rêve encore. Parfois j'en viendrais à souhaiter qu'il me quitte. Pour être à nouveau libre et penser sereinement. Mais il est là et m'hypnotise, et je prends des billets pour le rejoindre bientôt. Encore un mois d'immobilisme ?

Je ne sais plus, alors j'essaie de me dire que la vie décidera pour moi. Je m'envole pour l'Espagne vendredi. Deux semaines, loin d'eux et près de moi.

Je redoute l'instant où j'aurai perdu l'Autre. Je redoute les regrets. Je m'en veux terriblement de mon inconséquence. Je me dis qu'à 25 ans, j'ai peut-être passé l'âge d'être un cœur d'artichaut. J'aimerais qu'une voix me guide et me dise où aller.

dimanche 20 juillet 2008

L'important c'est d'aimer

Après un week-end à me tordre les boyaux parce que Patrice n'appelle pas - Patrice n'envoie pas de texto - Patrice m'oublie, Patrice revient et passe plus d'une heure au téléphone avec moi, ravi et confiant de m'accueillir très bientôt en Allemagne.

Après un week-end à penser à Lui, à nos dernières vacances, à notre complicité, je l'ai appelé un peu mais suis restée sereine et m'en suis repartie.

Et je me dis, au fond, ce soir, qu'il ne servait à rien de se rendre malade.

Le cœur qui bat, les papillons dans le ventre, les frémissements de la rencontre... Ça bouillonne à l'intérieur de soi, c'est troublant, et vraiment excitant. Les corps qui se découvrent, se caressent et se trouvent... C'est de la vie en barres, du concentré de sensations.

Les projets d'avenir, les rêves, les promesses, c'est doux aussi. C'est rassurant, réconfortant, comme une peluche d'enfant.

Mais une fois conservés dans son cœur, comme un trésor discret, les frissons du début. Une fois noblement combattu pour espérer vivre la suite et n'avoir rien à regretter. Il faut d'abord penser à soi.

Alors il sera là, mon grand chantier de la rentrée. Chercher la sérénité. Le solide, le construit, ce qui m'appartient, qui n'est qu'à moi et qui le reste. Debout sur ma plage, seule, je n'ai plus l'âge de tenir la main de quiconque. Je dois avancer sur mes jambes.

Et je vais le faire :)

samedi 19 juillet 2008

De la contingence...

La pierre est chaude du soleil qui l'a inondée toute la journée. Je suis sur mon balcon, les pieds nus, dévêtue. Je fume une cigarette. La lune seule m'éclaire un peu. Je regarde les étoiles et le ciel. J'ai 17 ans, j'ai 25 ans. Et je suis toujours là, toujours moi, dans cette maison qui m'a vue naître.

Alors finalement je réalise, ce qu'il y a de contingent, et ce qui ne l'est pas. Patrice est loin et s'éloigne davantage. Il n'est à ce jour qu'une lumière parmi d'autres. Je me sens plus sereine, prête à aimer, prête à attendre, prête à laisser. Je donne à la vie le pouvoir de décider pour moi. En attendant que je décide enfin.

Ma vie professionnelle se dessine avec plus d'ambition. Je me soumets à mon destin, fébrile. J'essaie de dresser une liste d'arguments. Ma décision se sédimente doucement. Sans la brusquer, j'espère la voir s'imposer bientôt.

Je suis toujours là. Dans cet univers où tout semble mouvant, je ne bouge pas. Inébranlable ?

Parfois dans le tourbillon qui m'entoure j'ai peur de me perdre à nouveau. Je me suis tant perdue, pendant toutes ces années. Je réalise que c'est peut-être le plus grand danger qui me guette. Alors c'est le plus important. Veiller à mes bases. Ne pas me laisser emporter par les évènements. Veiller sur moi, sans attendre des autres qu'ils le fassent.

Je me rappelle parfois que c'est Lui qui m'a sortie de là. Je me rappelle ce que je lui dois, et les sentiments que j'éprouve pour Patrice ne font que me ramener à nos commencements. Alors qu'est ce que j'attends ?

Chut. Le silence m'entoure. Le silence me berce. N'oublie pas, Suzie, ce qu'il y a d'important.

vendredi 18 juillet 2008

Plus rien dans le ventre

Alors que dire...

Je me sens toute petite, minuscule, sur une plage en hiver. Le vent souffle et emporte tout autour. La mer se démonte. J'ai un peu peur et j'ai très froid. Et je suis seule.

Et je suis là et je n'ai pas d'autre choix que de rester debout, immobile, le temps que le vent cesse.

Mes trois jours avec Patrice ont, bien sûr, devrais-je le dire ?, été fabuleux. Il a envahi mon espace, habité ma vie, et s'en est reparti. Ses sourires et son corps, sa voix et ses phrases, ses caresses, sa douceur, tout me revient. Et tout s'en va. Il n'est pas là, il est absent, et je ne sais quel crédit porter à notre histoire. Mon amour naissant est juste là, tremblant de peur et mort de froid.

Une proposition d'embauche. Enfin. Déjà. Et mon dernier pilier, immense, s'effondre en emportant tout avec lui. Je pleure des nuits entière, je tremble de tout mon corps. Partir ? Changer de travail ? Et si je n'étais pas prête... Et si j'avais trop peur...

Alors voilà. Je suis adulte - du moins j'essaie. Je me rappelle ce qu'il y a d'important, l'amour, l'instant, et tente de ne pas projeter mes angoisses sur mon si tendre allemand. Je me rappelle ce que je veux, ce que j'ai fait, mes réflexions d'hiver sur mes idées de vocation, et sait qu'une décision finalement s'imposera.

Je suis adulte, mais pas tout le temps. L'autre ressurgit comme ma dernière bouée. Je m'y accroche. Je ne lâche pas. Mes ongles s'enfoncent autant qu'ils peuvent.

Je suis seule sur cette plage. Le vent souffle si fort. Sans lui je vais tomber.

vendredi 11 juillet 2008

So exciting

Dans exactement 5h40 (j'ai compté), dans un aéroport bondé, Patrice me prendra dans ses bras.

Alors bien sûr, juste avant, ça va être la course des achats de dernière minute, du bain moussant, de l'épilation et du grand rangement. Mais juste après, ces trois jours là, son sourire, sa douceur et son corps ne seront rien qu'à moi.

Je crois que j'ai de la chance ;)

dimanche 6 juillet 2008

Ich freue mich auf dich

L'ultimatum a pris fin, normalement. Je lui ai dit que c'était impossible, calmement, logiquement. Il a compris tout seul, il a un peu pleuré, et il est reparti. Il est trop tôt pour savoir ce que j'en pense, ce que je vais faire de ça, et comment je vais le vivre. Ce dont je dois me souvenir, c'est que je n'avais pas d'autre choix. L'envie était partie, le courage aussi, j'ai bien réessayé pendant ces deux longs mois, mais toujours rien. Alors, pour le moment du moins, pas d'autres solutions, et pour la suite on verra bien.

Patrice a réservé ses billets. Il sera là vendredi soir. 5 jours à peine, déjà. J'ai hâte de le revoir, de retrouver son corps, ses yeux, ses cheveux et son sourire. J'ai hâte de le serrer dans mes bras, d'apprendre à le connaître, et de nous découvrir. Je penses beaucoup à lui, retombée en adolescence, je frémis à chaque sonnerie de téléphone, je saute de joie si c'est un mot de lui. Je rougis un peu de mes enfantillages mais ils me sont doux, et je sais par ailleurs avoir la force de les vivre sans drame.

Ensuite ce sera le retour dans mon Sud familier, l'Espagne, et la suite... D'ici là, toujours d'importantes échéances de travail à préparer. Un sentiment de légère sérénité me gagne. Il me rassure et me guide. Voilà.

samedi 5 juillet 2008

Mme Suzie, qu'êtes-vous devenue ?

Mine de rien dans le flot d'émotions qui m'emporte, ma vie avance et se transforme un peu. Aujourd'hui, j'ai quitté la maison de retraite au sein de laquelle j'ai été animatrice bénévole pendant plus de 4 ans. C'était une décision bien réfléchie et que je ne regrette pas, même si elle a été dure à prendre. Besoin de temps pour moi, et de passer à autre chose. A cette occasion, le personnel et la présidente de l'association m'ont offert de petits cadeaux et organisé une rétrospective de mes moments passés là bas. Des photos et des films, et moi, pendant plus de 4 ans.

J'ai été surprise de revoir ces moments. Ma vie d'aujourd'hui n'a plus rien en commun avec celle que j'avais alors, et je l'ai découvert soudainement. Plus la même coupe de cheveux, plus la même couleur non plus, plus la même adresse, plus les mêmes amis... La liste est longue. Que suis-je donc devenue ? Je ne sais pas encore.

Demain l'ultimatum prend fin. J'ai deux rendez-vous importants à préparer pour mon travail. Je veux faire du sport. Je veux avoir des nouvelles de Patrice. Le reste, on verra ça à la rentrée.

mercredi 2 juillet 2008

A un fil

Patrice ne m'a pas encore oublié et m'écrit parfois. Je ne pense qu'à lui, tremblante derrière mon écran, suspendue à mon téléphone, j'attends mails et coups de fil comme le saint sacrement. Nous envisageons de nous revoir, rien n'est encore fixé. Tout peut changer, cette histoire ne tient à rien et j'en ai trop conscience. Je m'accroche à son image de perfection et de douceur qui m'a tellement séduite. Je ne me sens pas à la hauteur, je me sens amoureuse, mais je crains plus l'incertitude actuelle qu'une éventuelle fin.

L'autre choisit mal son moment. L'heure de l'ultimatum a sonné, il veut une réponse claire et définitive pour dimanche soir au plus tard. Il part en vacances après et ne supporte plus l'incertitude. Tout mon corps s'y refuse. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je suis malade de peur à l'idée de le perdre. Je suis dans l'incapacité totale de revenir vers lui. Je me réfugie derrière les jours qui me restent et refuse de trop y penser. Courageuse jusqu'au bout...

J'ai des échéances importantes à respecter dans mon travail. Je suis morte de fatigue physiquement. Je dois juste tenir bon.

PS : Merci pour vos derniers commentaires. Vous êtes mes vrais sourires du moment :)