Suzie s'exprime ici

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jeudi 9 octobre 2008

Voilà

Rendez-vous 21h à la sortie du métro. J'ai reconnu de loin sa silhouette familière. Il ne sourit pas. Il a déjà compris.

Les yeux dans les yeux. Je lui ai dit qu'il n'y avait plus d'espoir et que c'était fini cette fois. Pour de bon.

Tout s'est enchaîné très vite. La colère de Patrice, un ultimatum, l'impression que je ne pouvais faire autrement.

Je me sens triste. Tout aurait pu être différent. Nous avions tout pour nous entendre, aucune raison qui nous empêche d'envisager l'avenir ensemble. Mais il a fait une bêtise, trop grande, trop lourde de conséquence, et je ne peux pas la pardonner.

Je me sens très sereine aussi, bizarrement. Dans cette période de doute qui se termine enfin, j'ai appris, finalement, que ma vie sentimentale n'était pas toute ma vie. J'ai des amis formidables. Une famille sur laquelle je peux compter. Un nouveau travail que j'ai choisi, porteur de sens, et qui m'attend. Une petite vie que j'ai construit avec ses rituels I-Télé, mon blog, Psycho...

J'appréhende un peu ce soir, mon voyage à Münster. Je n'en sors pas indemne, notre relation non plus. On verra. Je suis sereine et je n'ai plus peur de la solitude. Ça vaut tout l'or du monde.

mercredi 8 octobre 2008

Réminiscences

Toutes ces crises, ces descentes chez l'épicier, c'était moi. La vie avec le Blond, les disputes, la dépendance, c'était moi aussi. La grande solitude. Les heures de travail perdues. L'échec. L'incompréhension. C'était ma vie. L'Autre est arrivé au bond moment, comme pour m'en délivrer.

Cette semaine de repos à Paris, entre deux postes, entre deux excursions, me ramène à moi-même. Je ne vais pas toujours bien, je pleure sous le ventre de mon chien. Une grande tristesse que je n'avais pas pris le temps d'exprimer jusque là.

Il y a un peu de tout. Le deuil de ma vie avec l'Autre que je refuse encore de faire. L'idée sournoise que Patrice n'est qu'une fuite déguisée devant tout engagement. Mais surtout, je crois, l'après coup d'une vie bien trop vite oubliée.

Pas si facile

Ce soir j'écoute cette chanson, j'ai un torrent de larmes dans les yeux, j'ai peur de mes dix jours en Allemagne, j'ai peur tout court, j'ai juste envie de rester blottie au fond de mon lit, et de serrer très fort notre chien dans mes bras.

lundi 6 octobre 2008

Rien ne va plus... Les jeux sont faits.

Des risques, je n'en ai pas pris souvent. J'ai toujours été une personne peureuse : peur des manèges comme de la vie. Et puis finalement, une décision s'impose. Un mois, cela n'aura pas été si long.

Je laisserai partir l'Autre. Parce que rien ne me pousse vers lui pour le moment. Parce que j'ai tout à vivre. Parce que j'ai l'audace de croire que j'ai encore le temps, de rencontrer quelqu'un qui me corresponde vraiment. Je lui annoncerai à mon retour d'Allemagne, pas de suite. Ultime lâcheté peut-être, peur de sa peine, besoin d'être bien sûre de moi.

Mon séjour en famille aura été un dernier ébranlement, mais rien n'y fait. Je trace ma route, déterminée. Tant pis pour nous, ça aurait pu être drôlement bien, mais ça ne sera pas. Notre couple est mort il y a trop longtemps déjà, je n'ai pas la volonté de reconstruire sur de la vase.

Finalement, un an après, notre rupture est consommée. A new Suzie is born ;)

samedi 4 octobre 2008

Une image dans la nuit

Au détour de la rivière C'est drôle comme une image, pourtant perçue tôt dans l'enfance, peut rester longtemps ancrée dans votre tête. Celle-là me revient inlassablement depuis le début de ces histoires, je ne l'avais pourtant pas vue depuis plus de 10 ans.

Choisir une voie, une vie, la bonne.

Je me rappelle aussi une discussion dans l'autobus, avec une copine de lycée. Finalement la vingtaine, ce n'est pas si marrant. C'est le moment de tout réussir, ou de tout gâcher : sa vie professionnelle, familiale... J'étais décidément bien péremptoire.

Je sais... Je sais que retourner avec l'Autre, comme rester avec Patrice, ne signifie pas épouser l'un des deux. Mais c'est bien d'un choix de vie qu'il s'agit. Ma province contre Paris. Mes amis contre ma famille. La stabilité contre le risque. Ce en quoi j'ai toujours cru, contre ce à quoi je ne crois pas encore...